
le jour où Brigitte Bardot m’a quitté (reconstitution)
Brigitte Bardot photographed by Jack Garofalo at the 10th Cannes Film Festival on May 9, 1957
alt : Brigitte Bardot, de dos, passant par une fenêtre en 1957
compte facebook inter brette : la fin
« suite à la demande d’un tiers (KGH Media) indiquant que le contenu enfreint ses droits d’auteur, nous l’avons supprimé.
Vous avez déjà été averti·e que si vous publiez à plusieurs reprises du contenu qui enfreint les droits de propriété intellectuelle d’un tiers, votre compte pourrait être désactivé. Nous avons pour politique de résilier les comptes des récidivistes. »
moi qui place mes publication sous le signe de l’absurde, je goûte pleinement le caractère dérisoire de subir la peine capitale pour des droits d’auteur sur une vidéo aussi ridicule, racoleuse et de mauvais goût que celle de cette sculpture de plage où des enfants sont censés avoir construit un château de sable en forme de bonhomme ivre dont l’eau de mer sort par le fondement comme une diarrhée.
je n’avais pas connaissance de la propriété intellectuelle des contenus en question (4 sur plusieurs dizaines de milliers de publications) avant leur partage mais évidemment, cette « excuse » sera insuffisante et je me retrouve comme un con loin de mes 50 000 followers et amis et banni de facebook (toute tentative de réinscription est bloquée).
adieu, monde (numérique) cruel
17 août : « Ce compte sera désactivé dans 174 jours
Voulez-vous vraiment vous déconnecter ?
Il vous reste seulement 174 jours pour demander un examen. Après ce délai, votre compte sera définitivement désactivé. » et surtout : joyeux anniversaire !
j’ai dormi une heure de plus.
en plein conflit israélo-palestinien, en pleine guerre russo-ukrainienne. je suis un mouton bêlant de la majorité silencieuse, un agent dormant de l’UE, j’obéis à toutes les injonctions de mon gouvernement, je suis un type sans personnalité, une larve invertébrée, un conformiste, j’ai tous mes vaccins, y compris celui contre la bronchiolite, je ne soutiens pas les révolutions, j’ai voté Macron. j’ai honte.
et je sais déjà qu’en mars, je dormirai une heure de moins
tag : changement d’heure, témoignage
le concierge est dans l’escalier
la plupart du temps – et depuis toujours – je somnole douillettement au fond de moi. le pilote automatique gère très bien mes déplacements, même s’ils semblent parfois réalisés par George A. Romero. être en prise directe avec la réalité me tente à peu près autant que de mettre mes doigts mouillés dans une prise électrique.
cela ne pose pas de souci sur les réseaux sociaux, où il est tout à fait admissible de répondre à un commentaire le lendemain.
dans la vraie vie, il n’en va pas tout à fait de même.
lorsque quelqu’un m’adresse la parole, par exemple, le système de guidage oriente mon visage vers l’interlocuteur et envoie un message non prioritaire à l’administration, signalant qu’une réponse est attendue au guichet n°3 où je présente pour l’instant mon visage avec cet air ahuri qui plaît tant aux dames. réactivité : nulle. sens de la répartie : zéro. quand, deux ou trois jours après, je réponds à la question, certains ont du mal à rétablir le fil.
en cas d’agression, le veilleur de nuit prend sa lampe tempête et descend les escaliers, aussi vite que son arthrose le lui permet, pour venir en personne m’alerter : « vous êtes l’objet d’une attaque, une réaction serait la bienvenue ! ». je rassemble alors toute mon énergie (il paraît que je deviens blanc de colère) et remonte quatre à quatre les escaliers jusqu’à la surface. quand j’arrive, prêt à détruire tout ce qui se mettra en travers de mon chemin, la plupart du temps, l’agresseur est déjà loin, ne restent que les témoins me regardant bizarrement.
plusieurs années durant, les miettes de cet évènement m’agaceront dans ma couche, en mon royaume intérieur.
avant j’avais une gueule de con, mais ça, c’était avant. maintenant, j’ai une gueule de con à casquette
tags : c’est fini tout ça, j’ai changé
il y a pourtant des jours où je ne peux résister à l’envie de m’insulter en me croisant dans une glace : connard, pauvre connard !
je ne suis pas un gourmet.
il en va de ma libido comme de mon appétit. pendant quelques jours, je ne pense qu’à me goinfrer, puis, durant plusieurs jours ou plusieurs semaines, ces choses là ne me concernent plus.
tags : comme une b(r)êtte, pour celles et ceux qui s’étonnent du taux variable de publications de fesse sur ces pages

« revenir sur terre » (Thomas Pesquet, Jésus, moi le matin)