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prenez et mangez ceci est mon corps

Lech Wilczek rompant le pain avec un sanglier

prenez et mangez ceci est mon corps

Matthieu 26:26 / Lech Wilczek

tag : donner du pain aux cochons

alt : Lech Wilczek rompant le pain avec un sanglier

Adam Wajrak : Lech adorait les animaux. Nous nous sommes rencontrés grâce à notre loutre, Julka, que nous avons élevée depuis son plus jeune âge.

Lech était profondément préoccupé par la forêt. Il est arrivé dans le gîte forestier du Parc national de Białowieża en 1952 et s’y est installé définitivement en 1971. L’exploitation forestière devait alors être très visible. Il a assisté à ce carnage pendant plus de 50 ans. Je pense qu’il la constatait presque quotidiennement, voire plusieurs fois par jour.

Ici, on pouvait tourner la tête et ne rien voir. On traversait des endroits épargnés par l’exploitation forestière, sans aucun point de comparaison avec ce qui était resté intact, ce qui rendait l’exploitation moins effrayante. Lech, lui, n’avait pas ce privilège de l’ignorance. La route de Białowieża à Dziedzinka, le gîte forestier du Parc national où ils vivaient tous deux, longe la route de Browska. Cette route suit la limite de la réserve intégrale du Parc national de Białowieża. D’un côté, un paradis de grands arbres centenaires, d’arbres déracinés. Une forêt moussue, moisie et négligée ; de l’autre, une forêt décimée par la coupe à blanc et la culture. D’un côté, une nature sauvage et merveilleuse ; de l’autre, une forêt sciée, pillée, et plantée ici et là en rangées. D’un côté, la vraie forêt ; de l’autre, la forêt assassinée. Ces deux mondes, qui devraient n’en former qu’un, sont séparés par quelques mètres seulement.

Cela peinait profondément Lech. Il en parlait et écrivait à ce sujet. Après 2011, lorsque l’exploitation forestière a diminué et que la forêt a pu se régénérer, il rayonnait de joie. J’avais l’impression que cette forêt vierge remplaçait Simona, décédée en 2007. Il était comme revigoré. Et puis, lorsque l’exploitation forestière a dû reprendre, il s’y est fermement opposé.

source : wyborcza.pl

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bonjour les oiseaux

Simona Kossak et son corbeau Korasek

bonjour les oiseaux

Simona Kossak et son corbeau Korasek. photo Lech Wilczek


biologiste, chercheuse, activiste, mais avant tout, une âme radicalement libre, Simona Kossak est née en 1943 dans une famille d’artistes polonais célèbres. À défaut de choisir une vie de salon ou de peintre, elle choisit une vie en forêt. Dans les années 70, elle s’installe dans une maison en bois au cœur de la forêt primaire de Białowieża, l’une des dernières forêts vierges d’Europe. Simona n’était pas seule dans sa cabane au fond des bois ; Avec elle, Lech Wilczek, photographe, naturaliste et compagnon de vie. Ensemble, ils forment un duo hors du temps. Un couple lié par l’amour du vivant, et le refus d’un monde trop bruyant. Ils y vivent pendant plus de 30 ans, sans eau courante et ni électricité.

Un jour, on lui confie un louveteau. Il a été rejeté, trouvé seul, trop jeune pour survivre. Elle l’élève, le nourrit au biberon, le réchauffe contre elle. Et puis, une nuit, le petit loup gémit. Il a froid. Il tremble. Alors Simona fait ce que peu de biologistes, même les plus dévoué·es, oseraient faire : elle le prend dans ses bras et le glisse sous sa couette. Pas en cage. Pas sur un coussin. Dans son lit. Le loup s’endort contre elle. Il devient un compagnon de sommeil régulier. Pendant des semaines, ils partagent ainsi leurs nuits. Drôle d’endroit pour faire dormir un loup… Un être humain et un futur prédateur, côte à côte, cœur contre cœur. Elle ne cherche pas à dominer, apprivoiser ou éduquer selon les règles imposées par la société. Puis le loup, devenu grand, a fini par repartir vers la forêt. Libre. Animée par un seul but : soigner, aimer, relâcher. Tout comme le corbeau Korasek, les lynx ou le hibou surnommé « Grenouille » recueillis et tant d’autres trouvant refuge auprès d’elle. Une frontière floue entre l’humain et l’animal, se dessine là où l’humilité radicale rime avec l’intelligence du vivant et la tendresse comme une manière de résister. (hum-media.com)