la femme qui est sur mon dos n’a plus d’vêtements depuis longtemps
Serge Reggiani / Alina Lebedeva
alt : l’oeil du cheval portant une femme nue sur son dos dans l’appartement
Ne riez pas N’y touchez pas
Gardez vos larmes Et vos sarcasmes Lorsque la nuit Nous réunit Son corps, ses mains S’offrent aux miens Et c’est son cœur Couvert de pleurs Et de blessures Qui me rassure
le blues du dimanche soir après un weekend chez mes beaux parents
Scarecrow in a Garden of Cucumbers, Robert J. Kaplan, 1972
alt : beau papa et belle maman nous font coucou de la main sur le trottoir pour nous dire au revoir et retournent dans leur maison ; tous deux ont les fesses à l’air
Fou d’amour (2015) Philippe Ramos, avec Melvil Poupaud, Diane Rouxel, Dominique Blanc
alt : un prêtre en soutane donne le bras à une mariée nue sous son voile pour pénétrer dans la maison, dans la chambre, elle se découvre
Décembre 1959. Un prêtre est guillotiné. Au fond du panier, sa tête raconte l’histoire qui l’a conduit à sa fin tragique. Après son renvoi de la dernière paroisse où il officiait – en raison de ses mœurs sexuelles débridées – il arrive au village d’Albon, près de Lyon.
Martin Gabriel Pavel Daily Portrait Brno-Bratislava-Budapest-Vienna (site web)
alt : un homme nu, debout dans le lac des cygnes du printemps
D’où vient l’expression en mars ne découvre pas tes métatarses ?
L’expression complète comporte une deuxième partie, qui se met en parallèle de la première : en mars, ne découvre pas tes métatarses, en mai, fais ce qu’il te plaît. Mais quelle est son origine ?
Ce dicton populaire apporte un commentaire météorologique sur les saisons. Il indique qu’au début du printemps en mars, on peut s’attendre à un retour du froid, et que c’est au mois de mai que la chaleur s’installera. Mais on l’utilise plutôt pour dire qu’il faut continuer à s’habiller chaudement même s’il commence à faire beau.
Selon toute vraisemblance, l’expression en mars ne découvre pas tes métatarses provient de la sagesse populaire (et non d’un auteur précis). Sous cette forme, elle date des années 1950. Mais une variante un peu plus courte a circulé dès le début du XXe siècle : mars, cache tes métatarses, mai, fais ce qu’il te plaît.
Et auparavant, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, ce proverbe avait la forme d’un quatrain au rythme plus régulier : « au mois de mars, / ne quitte pas tes chaussettes éparses ; / au mois de mai, / quitte ce qu’il te plaît ». Dans cette variante, le verbe quitter a le sens de « poser un vêtement ».
alt : les plis des lombes d’une monade, chapelle de marbre blanc
Le pli a toujours existé dans les arts ; mais le propre du Baroque est de porter le pli à l’infini. Si la philosophie de Leibniz est baroque par excellence, c’est parce que tout se plie, se déplie, se replie. Sa thèse la plus célèbre est celle de l’âme comme « monade » sans porte ni fenêtre, qui tire d’un sombre fond toutes ses perceptions claires : elle ne peut se confondre que par analogie avec l’intérieur d’une chapelle baroque, de marbre noir, où la lumière n’arrive que par des ouvertures imperceptibles à l’observateur du dedans ; aussi l’âme est-elle pleine de plis obscurs. Pour découvrir un néo-Baroque moderne, il suffit de suivre l’histoire du pli infini dans tous les arts : « pli selon pli », avec la poésie de Mallarmé et le roman de Proust, mais aussi l’oeuvre de Michaux, la musique de Boulez, la peinture de Hantaï. Et ce néo-leibnizianisme n’a cessé d’inspirer la philosophie.
Alain Bashung / Auguste Raynaud, Nyx, déesse de la nuit, 1887
Couverte d’un voile parsemé d’étoiles, la déesse de la nuit parcourt l’immensité du Ciel sur un char tiré par deux chevaux noirs, suivi du fidèle cortège des astres.
Parfois, au seuil du crépuscule, la chauve-souris lui prête ses grandes ailes qu’elle déploie pour assombrir la terre.
A la fin de chaque jour, la divine Nyx, éclairée par la lune et les yeux des hiboux, quitte sa demeure à pas de loup, accompagnée de ses terribles enfants : le Sommeil sur son lit d’ébène entouré de pavots, la troupe des Songes qui hante les pauvres mortels et l’odieuse Mort qui amène la nuit éternelle.
Cependant, cette divinité immémoriale n’est pas qu’une puissance hostile et inquiétante, elle contient en elle-même les principes du monde.
Les anciens la considéraient comme un symbole primordial, la mère du Jour, des hommes et des dieux, présidant à la création de l’univers.
Souvent bienfaitrice, la Nuit est porteuse de bons conseils, libère des travaux, impose le silence et le Repos permettant d’atteindre l’oubli qui a le pouvoir d’endormir les plus grands soucis. Autrefois, à la lueur pâle d’un flambeau, on lui sacrifiait des brebis noires et un coq parce que son chant matinal appelle l’Aurore et annonce le retour de la lumière.
On dit que la nuit brune, éclairée à la faveur des astres et de la pleine lune, illumine le mystérieux sabbat des sorcières et la danse des fées. Mais la nuit noire sans l’astre de la nuit fait surgir des fantômes effrayants et les Songes les plus redoutés autour de la puissante Hécate, déesse souveraine des ombres, des terreurs nocturnes et des arts de la magie.
A l’heure où tout se tait, la reine de la nuit arpente son empire dans un vol silencieux, déployant ses sombres ailes pour environner toutes choses de son voile ténébreux et mystérieux !