John Fitzgerald Kennedy / Cold War (2018) Paweł Pawlikowski
alt : duel verbal d’un couple sur le pré, la femme saute à l’eau et chante en faisant la planche
synopsis : pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible
André Malraux / Greta Garbo, Mata Hari, dir. George Fitzmaurice, 1931
tags : samedi soir, mort d’une actrice
le 15 octobre 1917, la danseuse, courtisane et prétendue espionne Mata Hari a refusé un bandeau et a été exécutée pour espionnage par un peloton d’exécution français à Vincennes, en banlieue parisienne.
le film a été coupé plusieurs fois après l’entrée en vigueur du code Hays afin d’éliminer les scènes de séduction et une Garbo très peu vêtue
Paul Wolff & Alfred Tritschler, Glockenspiel, München. Circa 1933-34
tag : Donald Trump
alt : vue prise en 1934 depuis la tour de l’Hôtel de Ville de Munich surplombant la Marienplatz. Tritschler, positionné avec son appareil photo derrière le carillon historique de la tour, regarde directement la foule dans la rue par-dessus l’épaule du fou.
La théorie du fou (en anglais : madman theory), aussi appelée la stratégie du fou, est une théorie politique associée à la politique étrangère du président américain Richard Nixon. Ce dernier, avec son administration, a tenté de faire croire aux dirigeants des pays hostiles du bloc de l’Est qu’ils ont en face d’eux un dirigeant au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction. Ainsi, ces pays hostiles ne devaient pas être tentés de provoquer les États-Unis, craignant une réponse américaine inattendue. (Wikipédia)
les insectes célèbres : Napoléon 1er et son bicorne
Membracidae demi-lune bleue (Lunacornis caerulea)
Les Membracidae sont une famille d’insectes de l’ordre des hémiptères. La Membracide bleue (Lunacornis caerulea) est une petite cigale sautillante, suceuse de sève des forêts tropicales, caractérisée par un appendice dorsal cornu situé au niveau du thorax, qui peut prendre des formes extrêmement variées et parfois spectaculaires.
Son pronotum forme une arche incurvée évoquant un croissant de lune ou une élégante corne suspendue au-dessus de son corps. Cette structure, typique des Membracides, est un prolongement modifié du thorax qui a évolué en des formes extrêmement variées.
Sa coloration bleu foncé, ornée de motifs nets ressemblant à des nervures ou des fissures, crée un effet visuel unique qui lui permet de se distinguer parmi les branches, les lichens et l’écorce.
Malgré leur apparence spectaculaire, ces insectes sont minuscules et passent la majeure partie de leur vie immobiles sur les tiges et les branches, se nourrissant de la sève des plantes.
Les Membracidae représentent l’un des exemples les plus frappants de la diversité morphologique du monde des insectes.
plus d’informations sur les Membracidae sur Wikipédia
chevaliers de la table ronde : aujourd’hui : la table
Expandable Circular Table from the 1920s, designed by Josef Seiler
La Table ronde est dans la légende arthurienne de la matière de Bretagne, la table légendaire autour de laquelle se réunissaient le roi Arthur et ses chevaliers, dits « chevaliers de la Table ronde ».
Le premier auteur à la mentionner est Wace, auteur normand, qui dans son Roman de Brut (1155) parle d’une table construite sur ordre d’Arthur afin d’y réunir ses meilleurs chevaliers. Elle est un symbole de paix et d’égalité, car il ne peut pas y avoir de préséance autour d’une table ronde :
« C’est pour les nobles preux seigneurs qui l’entouraient et qui tous se croyaient meilleurs les uns que les autres — et l’on aurait eu bien du mal à désigner le pire — qu’Arthur fit la Table ronde, cette table sur laquelle les Bretons racontent tant de fables. C’est là que prenaient place, dans la plus parfaite égalité, les nobles seigneurs. Ils siégeaient autour de la Table dans l’égalité la plus parfaite, et c’est dans la plus parfaite égalité qu’ils étaient servis. Aucun d’eux ne pouvait se vanter d’être mieux placé que son égal : tous siégeaient aux places d’honneur, aucun ne se trouvait relégué à l’écart. »
— La Geste du roi Arthur selon le Roman de Brut de Wace.
Il est possible que Wace ait lui-même inventé cette tradition.
Selon les auteurs, le nom et le nombre de chevaliers pouvant s’asseoir autour de la table varie ; Chrétien de Troyes parle d’une trentaine, Layamon de 1 600.
D’après Robert de Boron, la table ronde serait une création de Merlin pour Uther Pendragon, en souvenir de la Table de la Cène et de celle fondée par Joseph d’Arimathie lors de son arrivée en Grande-Bretagne. À la mort d’Uther, la Bretagne plonge dans le chaos et la table est donnée au roi Léodagan. Lorsque Arthur arrive sur le trône et se marie à Guenièvre, fille de Léodagan, la table est donnée comme dot au nouveau roi qui installe cette table à sa cour. Dans cette version, la table accueille 150 chevaliers.
Les différents chevaliers appelés à s’installer autour de cette table ont leur nom inscrit sur le siège. Seul un siège ne porte aucune inscription et reste vacant en souvenir de Judas. C’est le « siège périlleux » sur lequel seul pourra s’asseoir le meilleur chevalier, celui qui trouvera le Graal et aura le cœur le plus pur. Ceux qui tentent leur chance mais qui ne remplissent pas ces conditions sont engloutis par la terre. Ce siège périlleux est une adaptation de la Pierre de Fal, pierre de souveraineté qui criait lorsque son souverain s’approchait d’elle.
Dans ces récits, les chevaliers sont confrontés à des éléments merveilleux : des objets aux pouvoirs prodigieux (anneau d’Yvain), des lieux enchantés (château du roi Pêcheur), de terribles dragons à combattre. Les chevaliers font la preuve de leurs capacités morales et physiques à travers des combats épiques et glorieux. Mais le chevalier est aussi un envoyé de Dieu pour lequel il réalise une mission. Ainsi, la quête du Graal, reste la plus célèbre.
Pourquoi une table « ronde » ?
Le mot allemand Tisch, « table », est un emprunt au latin discus « disque, plateau », de même l’ancien français deis qui désigne une « table d’honneur dressée sur une estrade » (B. de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 3111).
Le roi s’asseyait au milieu de la table, en hauteur, et les places d’honneur étaient situées à sa droite et à sa gauche. La forme ronde, symbolisant la fraternité, évite toute préséance entre ceux qui s’asseyent, leur rappelant que les chevaliers n‘héritent de leur place que grâce à leur courage. Ainsi les chevaliers d’Arthur forment un ordre chevaleresque, « Les chevaliers de la table ronde », et représentent alors un idéal de la chevalerie.
Deux des trois occurrences dans le Roman de Brut la présentent comme appartenant à une tradition orale « dont les Bretons disent maintes fables. » (v. 9742), ou dont Wace ne veut « guère faire de fable » (v. 10 286). Elles nous mènent donc toutes à penser qu’il n’en est pas le créateur. Il se pourrait cependant que cette potentielle source fût montée de toutes pièces par l’auteur anglo-normand, ou même qu’elle ne fût que de peu antérieure à la composition du Brut. La corrélation avec le témoignage de Gautier Map pourtant, de près de cinq ans de plus son contemporain, démontre bien une origine plus ancienne à la culture populaire du XIIe siècle. Dans le De nugis curialium du temps de Richard Cœur de Lion, à propos d’un « roi des Asiatiques » il décrit une table formée en « grand demi-cercle ».
Il s’agissait de figer autour d’un symbole fort l’aboutissement de ce qu’était devenu le royaume de Bretagne sous le roi Arthur, tout comme l’était le royaume d’Angleterre sous Henri II Plantagenêt. La Chanson de Roland l’avait déjà permis pour celui de France autour de ses douze pairs à la même période, lesquels formaient un évident parallèle avec les douze apôtres du Christ. La représentation en « C » des tables dans la chanson de geste pouvait se retrouver dans d’autres motifs artisanaux. Il en est ainsi d’une des scènes de la tapisserie de Bayeux dans laquelle se retrouvent réunis les seigneurs, les chevaliers de Guillaume le Conquérant et de l’évêque Odon autour d’une table elle aussi en forme de « grand demi-cercle », en « C ».
Au-delà de cet idéal de chevalerie, la table ronde est également à l’image du monde : « Ja verroiz la Table Ronde Qui tournoie comme le monde. » (Tristan dans Tristan et Iseut de Béroul).
Le symbole de la tablée se retrouve de nos jours et certaines communes pratiquent encore ce rite. Une reproduction de la Table ronde d’Arthur se trouve suspendue dans le Grand Hall du château de Winchester (Angleterre).
Paul Delvaux, L’entrée de la ville (ou L’Entrée dans la ville), 1940 (propriétaire privé) / Daniel Balavoine
alt : une allée ombragée par des arbres en fleur (nous sommes donc au printemps) trace une perspective rectiligne avec, soit bordant l’allée, soit dans le fond du tableau, les constructions éparses habituelles chez Delvaux : c’est moins une ville qu’une ville fantôme, pourtant habitée (il y a peut-être une réminiscence de la voie d’entrée à Pompéi, que Delvaux avait visitée quelques années plus tôt). On retrouve un homme en costume noir et chapeau melon, vu de dos, qui lit son journal en suivant l’allée, un autre homme vu de face, chauve, en costume, lit un livre en marchant ; sur les côtés de l’allée de nombreuses figures se promènent, les hommes habillés, les femmes nues. Au centre de la toile, une jeune femme, nue mais revêtue partiellement d’une draperie jaune, remarquable par les branchages qu’elle porte dans ses cheveux, à droite une autre complètement nue. Un personnage masculin, un jeune homme, nu également, est assis au premier plan à gauche et consulte une grande carte – un plan de la ville ? On dit que les jeunes gens dans les tableaux de Delvaux – du moins ceux de cette époque – représentaient le peintre lui-même (non tel qu’il était en 1940, déjà âgé de plus de quarante ans, mais vu comme un adolescent) ; mais il est difficile de donner une interprétation de sa présence. Dans tous les cas, il n’est pas en « interaction » comme on dit maintenant, avec les personnages féminins.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque la Belgique malgré sa neutralité. En 18 jours, le pays est à genoux, ses capacités de défense hors d’état : le roi Léopold III signe l’ordre de capitulation le 28 mai. Le gouvernement qui désapprouve cet ordre, quitte la Belgique, d’abord pour la France qui combat encore, puis pour Londres, tandis que le roi reste en Belgique refusant d’abandonner son peuple – une attitude dénoncée par certains qui y voient un assentiment devant le fait accompli. Critiqué pour avoir signé la capitulation (au lieu de choisir de quitter le pays comme le gouvernement), on va aussi reprocher au roi son comportement durant les années d’occupation (bien qu’il s‘abstienne de toute prise de position publique). Ces reproches vont déboucher après-guerre, sur ce qu’on a appelé « la question royale », qui va diviser la Belgique, avec beaucoup d’incidents parfois très graves, jusqu’en 1951, quand Léopold III abdique au profit de son fils Baudoin (à qui il avait déjà remis ses pouvoirs en 1950).
Delvaux ne vit pas dans une tour d’ivoire – ou alors il n’a plus la possibilité d’y vivre : avec ses tantes (il n’est pas question de sa femme ?), il quitte Bruxelles en mai 40 et se lance sur les routes de l’exode – mais tombé en panne, il revient à son point de départ, ce qui finalement lui évite sans doute de plus graves désagréments.
La Belgique connait donc l’effondrement militaire, la désorganisation de l’Etat, l’occupation avec ses multiples tragédies
Delvaux va traduire ces moments dramatiques en peinture, non sous forme directe bien sûr mais en les transposant dans son univers habituel qui épouse l’angoisse vécue par la collectivité.