On a tendance à oublier une confession de Kafka lui-même, reprise plus tard par son biographe Max Brod. Lorsque Kafka lisait des passages du Procès ou même de La Métamorphose à ses amis, il riait si fort qu’il en pleurait. C’était sans doute un rire inquiétant, comme ceux que l’on entend dans nos rêves
Molière, L’École des femmes, vie, liberté / THE SICK KITTEN (1903) dir. George Albert Smith
Reza Pahlavi est une figure spectrale. Fils du dernier shah renversé en 1979, il est l’héritier d’un ordre disparu, dépourvu d’assise politique réelle dans l’Iran contemporain. Mais sa réapparition dans le débat révèle moins la demande populaire d’un retour de la monarchie que la profondeur de la crise politique iranienne et son arsenalisation par Israël et les États-Unis. Comme le montre le chercheur Alex Shams, sa visibilité récente dans le contexte des manifestations ne procède pas d’une dynamique interne iranienne structurée.
Depuis des décennies, Pahlavi occupe une position singulière : omniprésent dans certains cercles médiatiques et diasporiques, il était presque absent du champ politique réel iranien.
Depuis le mois de décembre et l’intensification des manifestations, cette donne semble être en train de changer.
Alors qu’il ne dispose ni d’organisation militante, ni de coalition sociale identifiable, ni de véritables relais institutionnels à l’intérieur du pays, il est de plus en plus cité comme une alternative crédible en cas de décapitation du régime par Israël et les États-Unis.
Selon Alex Shams, sa centralité actuelle reposerait donc moins sur une capacité de mobilisation que sur une fonction symbolique : celle d’un point de fixation pour des oppositions fragmentées.
L’appui que lui portent — de loin — les services saoudiens et israéliens ainsi que certains responsables américains s’inscrit dans une logique stratégique plus large, confirmée par le discours de Donald Trump : imaginer un regime change politique rapide reposant sur une figure incarnée, capable de donner un visage à un nouvel Iran.
En adoptant une rhétorique alignée sur celle des partisans d’une pression maximale contre Téhéran, Pahlavi a cherché ces derniers mois à se présenter comme l’option « prête à l’emploi » d’un Iran post-ayatollah.
Dans la prochaine phase, cette proximité pourrait aussi constituer sa principale faiblesse : dans une société profondément marquée par la mémoire des ingérences étrangères, toute association trop étroite avec Washington risque aussi d’éroder la légitimité nationale qu’il prétend incarner.
Comme le suggère l’analyse d’Alex Shams, Pahlavi fonctionne moins comme un acteur politique de la transformation iranienne que comme un dispositif narratif : la projection d’un futur possible qui permet, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, de penser la chute du régime — sans encore savoir par quoi il pourrait réellement être remplacé.
chassé-croisé des vacances : navigation fluviale et priorité à droite
Barry Lyndon (1975) dir. Stanley Kubrick
tag : père gardez-vous à gauche
alt : Redmond Barry en barque passant son permis bateau sous la supervision de la comtesse de Lyndon et négligeant son angle mort ainsi que les règles de priorité
synopsis : Chassé de son Irlande natale après une série d’infractions au code de la route, Redmond Barry fréquente la haute société dont il apprend les usages et les règles de navigation. Ce talent lui permet de conquérir le coeur d’une jeune veuve monitrice de bateau école, la comtesse de Lyndon