
la forêt inaccessible
Hamnet (2025) dir. Chloé Zhao
tag : le décor du rêve
alt : sur scène, un homme de dos touche de la main un rideau de théâtre représentant une forêt

Agnès en Iran : Le petit Shah n’est pas mort
Molière, L’École des femmes, vie, liberté / THE SICK KITTEN (1903) dir. George Albert Smith

Reza Pahlavi est une figure spectrale. Fils du dernier shah renversé en 1979, il est l’héritier d’un ordre disparu, dépourvu d’assise politique réelle dans l’Iran contemporain. Mais sa réapparition dans le débat révèle moins la demande populaire d’un retour de la monarchie que la profondeur de la crise politique iranienne et son arsenalisation par Israël et les États-Unis. Comme le montre le chercheur Alex Shams, sa visibilité récente dans le contexte des manifestations ne procède pas d’une dynamique interne iranienne structurée.
Depuis des décennies, Pahlavi occupe une position singulière : omniprésent dans certains cercles médiatiques et diasporiques, il était presque absent du champ politique réel iranien.
Depuis le mois de décembre et l’intensification des manifestations, cette donne semble être en train de changer.
Alors qu’il ne dispose ni d’organisation militante, ni de coalition sociale identifiable, ni de véritables relais institutionnels à l’intérieur du pays, il est de plus en plus cité comme une alternative crédible en cas de décapitation du régime par Israël et les États-Unis.
Selon Alex Shams, sa centralité actuelle reposerait donc moins sur une capacité de mobilisation que sur une fonction symbolique : celle d’un point de fixation pour des oppositions fragmentées.
L’appui que lui portent — de loin — les services saoudiens et israéliens ainsi que certains responsables américains s’inscrit dans une logique stratégique plus large, confirmée par le discours de Donald Trump : imaginer un regime change politique rapide reposant sur une figure incarnée, capable de donner un visage à un nouvel Iran.
En adoptant une rhétorique alignée sur celle des partisans d’une pression maximale contre Téhéran, Pahlavi a cherché ces derniers mois à se présenter comme l’option « prête à l’emploi » d’un Iran post-ayatollah.
Dans la prochaine phase, cette proximité pourrait aussi constituer sa principale faiblesse : dans une société profondément marquée par la mémoire des ingérences étrangères, toute association trop étroite avec Washington risque aussi d’éroder la légitimité nationale qu’il prétend incarner.
Comme le suggère l’analyse d’Alex Shams, Pahlavi fonctionne moins comme un acteur politique de la transformation iranienne que comme un dispositif narratif : la projection d’un futur possible qui permet, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, de penser la chute du régime — sans encore savoir par quoi il pourrait réellement être remplacé.
source : Le Grand Continent

poisson ou poisson ?
Chinese model He Cong photographed by Juergen Teller
tag : injonction paradoxale du vendredi 13 (Gregory Bateson, Palo Alto), Française Des Jeux
alt : une jeune femme chinoise en élégant tailleur jupe rose propose au bout de ses bras tendus deux poissons de la forêt frais pêchés
Un dilemme cornélien ou choix cornélien ou conflit cornélien est une expression française déclinée de l’œuvre du XVIIe siècle du dramaturge français Pierre Corneille, impliquant la notion d’un dilemme à double contrainte extrême, complexe, ou impossible à résoudre, entre deux valeurs contradictoires de philosophie morale aussi importantes l’une que l’autre, à l’origine d’un conflit psychique opposant généralement la raison aux sentiments, entre, par exemple, l’amour et l’honneur, le poisson ou le poisson ou le désir et le devoir, avec un éventuel dénouement possible heureux
Il ne s’agit pas d’une alternative, non négative en soi, et qui permet un choix entre deux options qui intéressent celui qui agit, mais d’un dilemme (du grec ancien δίλημμα, dilemma, composé de δι-, di- « double » et λῆμμα, lêmma « proposition ») qui, quelle que soit l’option choisie, aura, du fait même du choix réalisé, des conséquences négatives, voire tragiques.
source : Wikipédia
Cyrano de Bergerac, La tirade de la bite
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac : comédie pathétique en cinq centimètres (Extrait de l’acte I, scène 4.)
Cyrano répond au Vicomte de Valvert qui le provoque en lui disant : « Vous…. vous avez une… heu… une bite… très petite. »
Ah ! non ! il est exact qu’elle est un peu courte, jeune homme !
Mais on pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais une telle bite,
J’irais sur-le-champ vivre en Antarctique pour avoir une excuse ! »
Amical : « Mais elle doit pisser sur vos jambes
Pour uriner, mettez vous donc assis ! »
Descriptif : « C’est un modèle réduit ! … c’est microscopique ! … c’est un atome !
Que dis-je, c’est un atome ? … C’est une particule ! »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les moustiques
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.
tag : micropénis

Ce n’est pas le temps de faire de nouvelles lois mais de revenir aux lois anciennes qui nous ont donné la grandeur
Extrait des « Grenouilles » d’Aristophane / Sebastian Jansen
LE CHŒUR
Oh ! vous, les citoyens d’Athènes, qui aimez la justice et qui êtes toujours à la recherche d’une meilleure politique, nous vous demandons de ne pas juger à la légère. Pensez au malheur qui vous frappe, et à la détresse de la cité. Les hommes honnêtes et justes, qui ont toujours servi la cité, sont maintenant des pauvres. Les hommes riches et corrompus, qui n’ont rien fait pour la cité, sont maintenant au pouvoir.
Ce n’est pas le temps de faire de nouvelles lois, mais de revenir aux lois anciennes, qui nous ont donné la grandeur. C’est l’époque de faire une révolution, non pour détruire, mais pour restaurer. Il faut que la cité retrouve la vertu et l’honneur. C’est la seule façon de la sauver.