
la meilleure façon de marcher
Josef Koudelka – Greece. Kos Island. 2003
alt : les deux pieds sans corps d’une statue dans le plat d’une zone en friche

lundi dès l’aube
après sa défaite dans la course à la Mairie de Paris, Rachida Dati se remet courageusement au travail
tags : Victor Hugo, il est cinq heures Rachida s’éveille
alt : photographie de Mme Dati à l’aube dans les rues de la capitale, ayant déjà rebondi et rejoint les équipes de Propreté de Paris – Collecte des déchets

et tu te reposeras le septième jour
La Bible, livre de l’Exode 34.21 / Alfred Stieglitz, Fatiguée, 1890
tag : féminisme
alt : une jeune fille se repose dans l’herbe, la tête appuyée contre un lourd fagot de bois. Pieds nus et yeux clos, elle incarne à la fois l’épuisement et l’innocence dans ce paysage rural
Moi j’ai pris la peine de les déchausser
Les sabots d’Hélène, moi qui ne suis pas capitaine
Et j’ai vu ma peine bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène, dans ses sabots crottés
Moi j’ai trouvé les pieds d’une reine et je les ai gardés
Georges Brassens

D’une fusée qui l’épingle Au ciel Au ciel
Alain Bashung / Auguste Raynaud, Nyx, déesse de la nuit, 1887
Couverte d’un voile parsemé d’étoiles, la déesse de la nuit parcourt l’immensité du Ciel sur un char tiré par deux chevaux noirs, suivi du fidèle cortège des astres.
Parfois, au seuil du crépuscule, la chauve-souris lui prête ses grandes ailes qu’elle déploie pour assombrir la terre.
A la fin de chaque jour, la divine Nyx, éclairée par la lune et les yeux des hiboux, quitte sa demeure à pas de loup, accompagnée de ses terribles enfants : le Sommeil sur son lit d’ébène entouré de pavots, la troupe des Songes qui hante les pauvres mortels et l’odieuse Mort qui amène la nuit éternelle.
Cependant, cette divinité immémoriale n’est pas qu’une puissance hostile et inquiétante, elle contient en elle-même les principes du monde.
Les anciens la considéraient comme un symbole primordial, la mère du Jour, des hommes et des dieux, présidant à la création de l’univers.
Souvent bienfaitrice, la Nuit est porteuse de bons conseils, libère des travaux, impose le silence et le Repos permettant d’atteindre l’oubli qui a le pouvoir d’endormir les plus grands soucis. Autrefois, à la lueur pâle d’un flambeau, on lui sacrifiait des brebis noires et un coq parce que son chant matinal appelle l’Aurore et annonce le retour de la lumière.
On dit que la nuit brune, éclairée à la faveur des astres et de la pleine lune, illumine le mystérieux sabbat des sorcières et la danse des fées. Mais la nuit noire sans l’astre de la nuit fait surgir des fantômes effrayants et les Songes les plus redoutés autour de la puissante Hécate, déesse souveraine des ombres, des terreurs nocturnes et des arts de la magie.
A l’heure où tout se tait, la reine de la nuit arpente son empire dans un vol silencieux, déployant ses sombres ailes pour environner toutes choses de son voile ténébreux et mystérieux !
Extrait de zimzimcarillon.canalblog.com
Chuck Norris : mourir d’aimer

Quand la guerre arrive en ville
Paul Delvaux, L’entrée de la ville (ou L’Entrée dans la ville), 1940 (propriétaire privé) / Daniel Balavoine
alt : une allée ombragée par des arbres en fleur (nous sommes donc au printemps) trace une perspective rectiligne avec, soit bordant l’allée, soit dans le fond du tableau, les constructions éparses habituelles chez Delvaux : c’est moins une ville qu’une ville fantôme, pourtant habitée (il y a peut-être une réminiscence de la voie d’entrée à Pompéi, que Delvaux avait visitée quelques années plus tôt). On retrouve un homme en costume noir et chapeau melon, vu de dos, qui lit son journal en suivant l’allée, un autre homme vu de face, chauve, en costume, lit un livre en marchant ; sur les côtés de l’allée de nombreuses figures se promènent, les hommes habillés, les femmes nues. Au centre de la toile, une jeune femme, nue mais revêtue partiellement d’une draperie jaune, remarquable par les branchages qu’elle porte dans ses cheveux, à droite une autre complètement nue. Un personnage masculin, un jeune homme, nu également, est assis au premier plan à gauche et consulte une grande carte – un plan de la ville ? On dit que les jeunes gens dans les tableaux de Delvaux – du moins ceux de cette époque – représentaient le peintre lui-même (non tel qu’il était en 1940, déjà âgé de plus de quarante ans, mais vu comme un adolescent) ; mais il est difficile de donner une interprétation de sa présence. Dans tous les cas, il n’est pas en « interaction » comme on dit maintenant, avec les personnages féminins.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque la Belgique malgré sa neutralité. En 18 jours, le pays est à genoux, ses capacités de défense hors d’état : le roi Léopold III signe l’ordre de capitulation le 28 mai. Le gouvernement qui désapprouve cet ordre, quitte la Belgique, d’abord pour la France qui combat encore, puis pour Londres, tandis que le roi reste en Belgique refusant d’abandonner son peuple – une attitude dénoncée par certains qui y voient un assentiment devant le fait accompli. Critiqué pour avoir signé la capitulation (au lieu de choisir de quitter le pays comme le gouvernement), on va aussi reprocher au roi son comportement durant les années d’occupation (bien qu’il s‘abstienne de toute prise de position publique). Ces reproches vont déboucher après-guerre, sur ce qu’on a appelé « la question royale », qui va diviser la Belgique, avec beaucoup d’incidents parfois très graves, jusqu’en 1951, quand Léopold III abdique au profit de son fils Baudoin (à qui il avait déjà remis ses pouvoirs en 1950).
Delvaux ne vit pas dans une tour d’ivoire – ou alors il n’a plus la possibilité d’y vivre : avec ses tantes (il n’est pas question de sa femme ?), il quitte Bruxelles en mai 40 et se lance sur les routes de l’exode – mais tombé en panne, il revient à son point de départ, ce qui finalement lui évite sans doute de plus graves désagréments.
La Belgique connait donc l’effondrement militaire, la désorganisation de l’Etat, l’occupation avec ses multiples tragédies
Delvaux va traduire ces moments dramatiques en peinture, non sous forme directe bien sûr mais en les transposant dans son univers habituel qui épouse l’angoisse vécue par la collectivité.

Tar ta gueule à la récré
A rare Qajar portrait of a young man playing a stringed musical instrument, circa 1840. Inscribed in Judeo-Persian The tar player Arus ben Shlomo / Alain Souchon
alt : rare portrait Qajar d’un jeune homme jouant d’un instrument de musique à cordes, vers 1840. Inscrit en judéo-persan : Le joueur de tar Arus ben Shlomo
Certaines des réalisations les plus remarquables de la longue histoire de la production artistique persane ont vu le jour sous la dynastie Qajar au XIXe siècle. Bien que l’art persan soit souvent associé, dans l’imaginaire collectif, à des miniatures complexes et à d’autres arts décoratifs luxueux, l’esthétique de l’époque Qajar privilégiait les grands formats, les couleurs éclatantes et l’adoption de nouvelles techniques visuelles. Dans cette tradition, les représentations de sujets juifs sont extrêmement rares, ce qui rend ce portrait saisissant d’Arus jouant du tar particulièrement remarquable. Plus qu’un simple portrait, il témoigne avec force de la rencontre entre la culture visuelle Qajar et le vécu des communautés juives d’Iran, offrant un aperçu d’un monde rarement représenté dans la peinture persane.
17 mars : séquence émotion pour la Saint-Patrick
The Muppets
alt : trois fiers enfants d’Irlande interprètent « Oh, Danny Boy, the pipes, the pipes are calling From glen to glen, and down the mountain side »
Les paroles de « Danny Boy » évoquent l’image d’un père ou d’une mère s’adressant à un fils nommé Danny. Le personnage est appelé à partir, ce qui est souvent interprété comme un appel à la guerre ou à l’émigration, deux thèmes qui résonnent profondément dans l’histoire irlandaise.