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le sein droit des amazones

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La mutilation mammaire des Amazones : un mythe de la médecine grecque ?

The breast mutilation of the Amazones : a myth of Greek medicine ?

Jacques Boulogne

Ni les peintres, ni les sculpteurs antiques ne représentent les Amazones privées du sein droit. Or le mythe, dans sa version la plus répandue, fait état, dès l’antiquité, d’une mutilation volontaire destinée à faciliter le maniement des armes de jet. D’où vient donc le motif de la mutilation mammaire chez les Amazones ? Son apparition dans la tradition littéraire tient, semble-t-il, à la conjugaison, au cours de la seconde moitié du Ve siècle avant notre ère, de l’étymologie fondée sur une conception philosophique qui donne aux mots le pouvoir de livrer la nature de leurs référents et de la physiologie hippocratique, qui veut qu’une atrophie artificielle pratiquée localement avant la croissance d’un enfant peut provoquer, par dérivation de la nutrition, une hypertrophie des parties corporelles voisines.

1 À l’entrée « Amazones », le Petit Larousse 2003 donne à lire : « Peuplade de femmes guerrières établies sur les bords de la mer Noire. Elles tuaient leurs enfants mâles et brûlaient le sein droit de leurs filles pour que celles-ci tirent mieux à l’arc. » Reprise abrégée du Grand Larousse de 1960, cette définition montre que dans l’imaginaire occidental contemporain le mythe des Amazones implique la caractéristique d’une mutilation mammaire.

2 Or nulle part dans l’iconographie antique conservée nous ne trouvons la moindre trace d’une telle particularité physique. Et, concernant les représentations scripturaires qui nous sont parvenues, il faut attendre le début de la seconde moitié du siècle de Périclès pour y voir mentionné pour la première fois ce qui au fil de la tradition est ensuite devenu un des traits principaux de ces femmes mythiques. D’Homère à Hérodote, elles sont plutôt décrites comme des guerrières viriles, hostiles à la gent masculine et tueuses d’hommes.

3 D’où une double interrogation : pourquoi les Grecs ont-ils inventé que les Amazones se mutilent la poitrine, et pourquoi l’ont-ils fait relativement tard ? La réponse tient peut-être à la conjonction de trois rationalismes, celui des enquêtes sur des civilisations étrangères menées par les premiers ethnographes, celui d’une réflexion théorique sur le langage conduite par les philosophes, notamment les sophistes, et celui des spéculations physiologiques de la médecine de Cos. Telle est l’hypothèse de travail que je propose d’examiner en essayant de démêler les entrelacs de trois types de savoirs, ethnologique, étymologique et médical, qui se confortent réciproquement en un système cohérent, où mythe et science finissent par fusionner pour constituer dans l’esprit des Anciens une vérité indubitable.

4 À cette fin, je passerai successivement en revue ce qu’apportent à la construction du poncif des Amazones mutilées l’imaginaire ethnographique, l’imaginaire des étymologies et l’imaginaire de la pensée hippocratique. La question de savoir si ces femmes ont réellement existé ou non n’entre pas dans mon sujet.

5 La base de cette construction à trois étages dépend d’un postulat ethnocentrique et du schème cognitif de l’inversion utilisé pour rendre intelligible l’altérité. Face à l’inconnu, l’esprit humain s’efforce de satisfaire sa curiosité ou de surmonter sa peur au moyen d’une réduction au connu qui érige en normes universelles ses pratiques idiosyncrasiques. Les Grecs n’échappent pas à la règle : ils considèrent tout spontanément leur pays comme le centre du monde, c’est-à-dire comme le lieu naturel de tous les équilibres, et par suite comme le siège par excellence de la perfection, en particulier climatique et anthropologique. On le voit bien avec le traité hippocratique Airs, Eaux, Lieux, berceau de la théorie des climats, qui détaille les conditionnements physiques et mentaux par les divers biotopes en fonction des saisons, et qui fait de la Grèce d’Asie, la région natale de l’auteur, l’espace de vie idéal. Dès lors, plus on s’éloigne de ce centre-là, plus les conditions d’existence se dégradent en raison de déséquilibres qui s’intensifient progressivement pour atteindre des extrêmes vers les périphéries les plus éloignées. Et, quand les écarts par rapport à ce qui est tenu pour normal dépassent les limites de l’expérience habituelle, les différences sont appréhendées comme des déformations résultant d’inversions, ou, pour le dire autrement, sont identifiées, et par là même comprises, en termes de réversibilité, ce qui permet de rendre familier l’étrange tout en lui laissant sa part d’altérité. Du coup, la réalité décrite relève à la fois de l’en-soi et du pour-soi ; elle n’est ni totalement objective, ni totalement fantaisiste ; on a affaire à un mixte où fiction et réel se mêlent étroitement. Bref, il s’agit d’une représentation avec toute la complexité des savoirs qu’elle implique.

  • 5 Dans son essai Les Grecs ont-ils cru a leurs mythes ?, p. 33 et alibi.

6 Avec le thème des Amazones, qui flotte entre mythe et histoire, nous rencontrons les mêmes procédures intellectuelles. Afin de rendre compte des mœurs insolites des Sauromates, une peuplade scythe vivant à l’Est du fleuve Tanaïs, le Don actuel, Hérodote (4, 110-117) rapproche cette société de celle des Amazones du fleuve Thermodon, en Cappadoce, deux sociétés de guerrières. À vrai dire, l’historien-ethnographe n’évoque les Amazones qu’en creux, à partir des femmes sauromates, dont il fait les descendantes de ces dernières. Ici, le raisonnement fonctionne en boucle : ayant besoin d’une grille de lecture pour interpréter un comportement féminin opposé à celui des femmes grecques, Hérodote recourt au mythe des Amazones. Nous donnons au concept de mythe le sens de discours traditionnel invérifiable et donc non-réfutable, qui, selon le “programme de vérité” activé, pour reprendre la formule de Paul Veyne5 est soit à rejeter comme fabuleux, soit à prendre en considération comme donnant de l’intelligibilité au monde visible. En l’occurrence, le mythique éclaire l’historique, et inversement l’historique apporte un fondement au mythique. En effet, Hérodote rapporte une sorte de roman d’aventures qui imagine le scénario suivant.

7 Un contingent d’Amazones prisonnières, après leur défaite dans la bataille du Thermodon, réussissent, au cours de la traversée du Pont-Euxin, à massacrer les Grecs qui les emmènent en captivité. Ignorant tout de la navigation, elles échouent en Scythie où elles volent des chevaux et vivent de chasse et de pillage, suscitant l’hostilité des indigènes, qui les prennent pour des hommes jusqu’au jour où ils s’aperçoivent de leur méprise. Ils décident alors d’apprivoiser ces étrangères étonnantes pour avoir avec elles des enfants. Comme le désir est partagé, les unions stables se multiplient. Mais les Amazones refusent de se joindre aux autres épouses scythes, car elles entendent garder leurs coutumes.

  • 6 Traduction de Legrand, 1960.

« Nous ne saurions demeurer avec les femmes de chez vous, leur fait dire Hérodote (4, 114), car nos habitudes ne sont pas les mêmes que les leurs. Nous, nous tirons de l’arc, nous lançons le javelot, nous montons à cheval ; nous n’avons pas appris de travaux féminins ; les femmes de chez vous ne font rien de ce que nous avons dit, elles s’occupent à des travaux féminins, restant dans les chariots, sans aller à la chasse, ni nulle part ailleurs. Nous ne pourrions donc nous accorder avec elles ».

8 C’est ainsi qu’elles franchissent le Tanaïs en compagnie de leurs époux pour donner naissance, dans une contrée plus à l’Est, à l’ethnie des Sauromates, où les femmes, écrit Hérodote (4, 116),

  • 7 Toujours dans la traduction de Legrand.

« vont à la chasse à cheval, et avec leurs maris et sans eux ; elles vont à la guerre ; elles portent le même accoutrement que les hommes ».

9 Aucune allusion à une quelconque mutilation mammaire. Ce motif n’est pas encore jugé nécessaire à la cohérence de l’histoire. De fait, contrairement à l’opinion de Diodore de Sicile, une poitrine saillante n’est pas un handicap pour lancer des javelines ou décocher des flèches. Le prouvent clairement les concours modernes d’athlétisme. Nous sommes donc en présence d’une invention apparemment saugrenue, mais qui répond à une exigence logique : ces filles d’Arès, nées pour combattre des hommes à la guerre, rétives à toute domination masculine et complètement masculinisées dans leur genre de vie, ressemblent à des êtres dénaturés au point de vouloir faire disparaître leur identité sexuelle ; du coup, leur conserver une poitrine conforme à la nature les rattache contradictoirement à la féminité qu’elles rejettent, telle du moins qu’elle est conçue par les Grecs. Strabon pousse jusqu’au bout les conséquences de la dénaturation en soulignant que les Amazones se confectionnent avec des peaux de bêtes sauvages des équipements de cuir pour faire la guerre, ce qui les transforme en animaux féroces et les éloigne encore plus de la douceur propre à l’image conventionnelle de la femme9. Toutefois, cette logique de l’imaginaire masculin horrifié par l’idée de gynécocratie – l’extermination des Amazones libyennes par Héraclès est présentée, chez Diodore de Sicile, comme une mission civilisatrice destinée à libérer les peuples gouvernés par des femmes – ne se trouve pas, semble-t-il, stimulée avant les analyses du langage entreprises par les philosophes, en particulier Protagoras, Prodicos de Céos, Cratyle et Antisthène.

10 Selon Hérodote (4, 110), le mot grec ‘҆AμααζόνεЅ correspond au mot scythe Oἰόρπατα, dont il est par conséquent la traduction et qui signifie “tueuses d’hommes” (άνδροκτόνιοι). Si Oἰόρπατα est bien une transcription phonétique du scythe, il n’en va pas de même pour ‘҆AμααζόνεЅ, dont l’origine n’a rien de grec et qui paraît provenir d’une translittération d’un ethnique hittite ou iranien. Quoi qu’il en soit, le terme, regardé comme l’exact équivalent d’ Oἰόρπατα, revêt nécessairement le même sens, ce qui rejoint une étymologie contemporaine d’après laquelle le mot est tiré du nom d’une tribu iranienne de guerriers appelés ha mazan, et surtout la qualification homérique d’άντιάνάνειραι, dont l’ambivalence sémantique –hostilité aux hommes, égalité en virilité avec les hommes– connote l’idée de capacité à tuer des hommes. Or l’absorption du substantif dans la langue grecque a substitué à cette signification celle de “privées de seins ”. Oubliant la provenance exogène du vocable, les spécialistes antiques de l’étymologie y ont vu un mot composé de μαζός (sein) et du préfixe privatif ά- (sans).

  • 15 Selon des étymologies modernes, le nom pourrait signifier “femmes qui vivent entre elles” (ἄμα + la (…)

11 Quand le changement étymologique s’est-il effectué ? Diodore de Sicile (ibidem) est le premier, du moins pour les textes sauvés de l’oubli, à nous rapporter cette explication. Mais celle-ci ne date pas du premier siècle de notre ère et il est probable qu’elle remonte au moins à l’époque du traité Airs, Eaux, Lieux, où pour la première fois dans la tradition sauvegardée il est affirmé que des femmes se mutilent la poitrine. Le thème de la mutilation, qui ne provient pas de l’iconographie puisqu’il en est entièrement absent, précède-t-il le texte hippocratique ou en découle-t-il ?

12 La pratique de l’étymologie par les poètes atteste de l’ancienneté des explications par les rapprochements onomastiques. De surcroît, les discussions philosophiques sur la justesse des mots et la capacité du langage à énoncer la nature des choses prennent un essor important à partir d’Héraclite et connaissent un moment fort avec les sophistes, mais aussi avec des penseurs tels Cratyle, disciple d’Héraclite, ou Antisthène, disciple de Socrate et fondateur du cynisme. En témoigne le dialogue de Platon précisément intitulé Cratyle, qui dénonce, non pas les absurdités des étymologies que de nos jours nous qualifions improprement de “populaires”, mais les abus où tombent certains de leurs adeptes pour défendre la thèse que l’étude des mots est un moyen sûr de connaître leur référent : l’étymologie peut se révéler utile dès lors qu’elle fait sens, à condition toutefois qu’elle ne dispense pas la connaissance de s’adresser aux choses elles-mêmes et qu’elle reçoive la confirmation d’autres arguments. Il est, par conséquent, peu vraisemblable dans ce genre de contexte qu’après s’être approprié le mot la langue n’ait pas suggéré aux auteurs de discours le rapprochement avec le substantif μαζός.

13 Mais il est un autre argument, décisif à lui seul, qui démontre l’antériorité de l’étymologie sur le texte d’Hippocrate. Celui-ci : dans le chapitre d’Airs, Eaux Lieux qui nous intéresse (17, 1), ne mentionne pas les Amazones ; il parle des femmes sauromates ; cependant il est manifeste que pour lui ce sont là des synonymes, comme le comprend Galien qui, afin de commenter l’aphorisme Il ne naît pas de femme ambidextre, cite notre passage d’Airs, Eaux, Lieux en substituant au nom des Sauromates celui des Amazones. Donc, Hippocrate mobilise le mythe de la mutilation mammaire induit par l’étymologie en vigueur de son temps et dont il s’empare pour penser une réalité ethnique déroutante.

14 Et ce faisant, Hippocrate confère au mythe un fondement scientifique qui change la fiction en vérité. Voici ce qu’il nous dit à la fin du chapitre consacré aux femmes des Sauromates :

  • 19 Traduction de Jouanna, 1996.

« Elles n’ont pas de sein droit : alors qu’elles sont encore de tout jeunes enfants, leurs mères, faisant fortement chauffer un appareil de bronze fabriqué spécialement à cet effet, l’appliquent sur le sein droit et le brûlent de manière que sa croissance soit arrêtée et que toute la force et toute la quantité (de nourriture) se reportent vers l’épaule droite et le bras droit ».

15 Deux remarques s’imposent. D’abord, la raison de cette brûlure n’a rien à voir avec celle qu’avancent Diodore et Strabon, ou encore le mythographe Pseudo-Apollodore : il ne s’agit pas de supprimer une gêne possible pour le maniement des armes de jet, mais d’augmenter la vigueur du bras droit, en atrophiant artificiellement le sein droit et provoquant ainsi une dérivation des éléments nutritifs du corps vers la partie voisine. La physiologie vient au secours de l’imaginaire ethnographique qu’elle rend crédible par l’explication scientifique qu’elle apporte.

16 En second lieu, notons que c’est la croyance mythique qui permet au médecin d’interpréter le sens peut-être de marques corporelles qui devaient être des tatouages ou des scarifications à valeur symbolique ou esthétique. Il commet la même erreur d’interprétation, toujours à propos des Scythes, avec les personnages qu’il appelle Anariées, des shamans au pouvoir social très puissant, mais qu’il assimile à des impuissants sexuels parce qu’ils portent des tuniques longues comme celles des femmes et exhibent autour du cou des cicatrices. Ici encore le savoir médical s’interpose pour rendre compréhensible un statut hybride d’homme- femme ; mais cette fois il n’y a plus la médiation d’un mythe, et l’étymologie, au lieu de préexister, prolonge l’identification. Persuadé que pour des raisons climatiques les Scythes souffrent d’un excès d’humidité qui les frappe d’impuissance, Hippocrate imagine que certains d’entre eux, les riches, croyant bien faire malgré leur méconnaissance de l’anatomie, ont voulu assécher leur humidité par son contraire, en s’appliquant sur le cou des fers rougis au feu, ce qui n’a pas manqué d’aggraver le mal. En effet, ces cautérisations ont fermé irrémédiablement les conduits par lesquels, d’après le médecin de Cos, le sperme descend du cerveau vers l’appareil génital. Et c’est parce qu’ils ont renoncé à toute guérison qu’ils se résolvent à porter des vêtements féminins, afin de signaler la perte définitive de leur virilité. D’où le nom d’Anariées, que leur attribue l’auteur du traité, déformation de celui d’Énarées employé par Hérodote25, qui probablement translittère la prononciation d’un mot scythe, une déformation très significative et grosse de l’étymologie induite par le système interprétatif mobilisé, puisque le terme suggère d’y voir la paronomase d’un composé du mot ἄνδρεЅ (hommes de sexe masculin) précédé du suffixe privatif άν- (sans), et par suite de lui attribuer l’acception de ‘privés de virilité’.

17 Bref, dans le cas des Anariées comme dans celui des femmes sauromates, la démarche cognitive se trouve faussée par des représentations reposant sur un savoir médical transposé inadéquatement, mais efficacement au regard de l’attente d’une explication satisfaisante aux yeux de la science du moment, puisqu’elle fournit des réponses cohérentes, en accord avec le savoir médical le plus avancé, aux interrogations suscitées par des réalités humaines étonnantes.

  • 27 Voir Géographie, 11, 5, 3.

18Pour conclure, disons qu’il apparaît que le motif de la mutilation mammaire des Amazones, s’il n’est pas à proprement parler une invention de la médecine grecque, doit néanmoins sa prospérité à la médecine, qui le légitime scientifiquement, parce que le mythe permet au médecin d’expliquer une particularité ethnique très exotique. La triple intrication de l’étymologie, de l’enquête ethnographique et de la physiologie hippocratique métamorphosent le fabuleux et l’erroné en une évidence d’autant plus difficile à briser que les trois composantes de cette construction intellectuelle se corroborent mutuellement en cercle fermé. C’est là, peut-être, la réponse à l’étonnement de Strabon devant la permanence des récits fantastiques dont les Amazones sont l’objet encore de son temps. Il n’est pas surprenant non plus dans ces conditions que Galien, habituellement plutôt méfiant à l’égard des mythes, se réfère aux Amazones comme à une réalité historique indiscutable et qu’il utilise le thème de la mutilation mammaire comme preuve a fortiori de la véracité de l’aphorisme hippocratique sur l’impossibilité pour une femme d’être ambidextre, puisque même les Amazones, si viriles pourtant, n’y parviennent pas à cause de l’hypertrophie de leur bras droit.

19 Il ressort également de cette étude de cas que le savoir scientifique le plus rigoureux n’échappe pas à l’imaginaire, soit qu’il s’en nourrisse en l’accommodant à ses exigences, soit qu’il le génère.

20 Reste la question de l’absence du motif de la mutilation mammaire des Amazones dans les représentations iconographiques ; la caution de l’étymologie par la médecine rationaliste de Cos n’a pas suffi à l’imposer aux peintres et aux sculpteurs. Est-ce parce que ces derniers dépendent de traditions familiales et corporatives à part ? Est-ce pour des raisons d’ordre esthétique ? Mais nous nous heurtons, ici, à un autre problème, et ce n’est plus notre sujet.

Bibliographie

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Bertrand, A., 2002, Amazones modernes, dans P. Brunel (éd.), Dictionnaire des mythes féminins, Monaco, p. 101-102.

Boulogne, J., 1992, Mythe et construction du réel chez Hérodote, RPh, 66/2, p. 255-266.

Chantraine, P., 1983, Dictionnaire étymologique de la langue grecques.v. ҆Αμάζων, Paris, p. 69.

Devambez, P., 1981, Amazones, dans L. Kahil (éd.), Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae, Genève, p. 586-653.

Graves, R., Les mythes grecs, Paris (version originale Greek Myths, Londres, 1958), t. 1, p. 377-378.

Hartog, E., 1980, Le miroir d’Hérodote. Essai sur la représentation de l’autre, Paris.

Jouanna, E., 1996, Hippocrate. Airs, Eaux, Lieux, CUF, t. 2/2partie, Paris.
DOI : 10.3917/flam.bruns.2021.01.0770

Legrand, Ph.-E., 1960, Hérodote. Histoires, CUF, 4, Paris.

Mavleev, E., 1981, Amazones étrusques, dans L. Kahil (éd.), Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae, Genève, p. 654-662.

Veyne, P., 1983, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Paris.
DOI : 10.14375/NP.9782757841143

Jacques Boulogne, « La mutilation mammaire des Amazones : un mythe de la médecine grecque ? », Pallas [En ligne], 78 | 2008, mis en ligne le 13 janvier 2009, consulté le 07 mai 2026. URL : http://journals.openedition.org/pallas/14209 ; DOI : https://doi.org/10.4000/pallas.14209

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Canacé se perçant la poitrine avec l'épée envoyée par son père Eole, avec ordre de tuer son frère. Son nouveau-né  issu d'un amour incestueux avec son frère Macarée à l'arrière plan, elle écrit qu'elle ne se souillera pas par un homicide

écris avec ton coeur

Suicide de Canacé. Miniature extraite des Epistres d’Ovide (Héroïdes), traduction d’Octavien de Saint-Gelais, 1496-1498

Fille d’Éole et d’Énarété. Canacé est tombée amoureuse de son frère Macarée. Son père, s’étant aperçu de sa passion incestueuse, ordonne qu’on livre l’enfant aux chiens sauvages et aux oiseaux. Puis il contraint sa fille à se suicider par le glaive.

alt : Canacé se perçant la poitrine avec l’épée envoyée par son père Eole, avec ordre de tuer son frère. Elle refuse de se souiller par un homicide. Son nouveau-né issu d’un amour incestueux à l’arrière plan, elle écrit une dernière lettre à son frère aimé Macarée

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mythologies : Poissy c’est fini

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Stellantis : le site de Poissy, dernière usine de voitures en Île-de-France, annonce arrêter la production automobile (Le Parisien)

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assis sur son trône en nageoire de baleine Neptune contemplait la mer

chaise sinueuse en pli de bouleau rainurée comme le ventre d'une baleine à bosse

assis sur son trône en nageoire de baleine Neptune contemplait la mer

Apical Reform, The Betula Chair

alt : chaise sinueuse en pli de bouleau rainurée comme le ventre d’une baleine à bosse

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chevaliers de la table ronde : aujourd’hui : la table

chevaliers de la table ronde : aujourd’hui : la table

Expandable Circular Table from the 1920s, designed by Josef Seiler

La Table ronde est dans la légende arthurienne de la matière de Bretagne, la table légendaire autour de laquelle se réunissaient le roi Arthur et ses chevaliers, dits « chevaliers de la Table ronde ».

Le premier auteur à la mentionner est Wace, auteur normand, qui dans son Roman de Brut (1155) parle d’une table construite sur ordre d’Arthur afin d’y réunir ses meilleurs chevaliers. Elle est un symbole de paix et d’égalité, car il ne peut pas y avoir de préséance autour d’une table ronde :

« C’est pour les nobles preux seigneurs qui l’entouraient et qui tous se croyaient meilleurs les uns que les autres — et l’on aurait eu bien du mal à désigner le pire — qu’Arthur fit la Table ronde, cette table sur laquelle les Bretons racontent tant de fables. C’est là que prenaient place, dans la plus parfaite égalité, les nobles seigneurs. Ils siégeaient autour de la Table dans l’égalité la plus parfaite, et c’est dans la plus parfaite égalité qu’ils étaient servis. Aucun d’eux ne pouvait se vanter d’être mieux placé que son égal : tous siégeaient aux places d’honneur, aucun ne se trouvait relégué à l’écart. »

— La Geste du roi Arthur selon le Roman de Brut de Wace.

Il est possible que Wace ait lui-même inventé cette tradition.

Selon les auteurs, le nom et le nombre de chevaliers pouvant s’asseoir autour de la table varie ; Chrétien de Troyes parle d’une trentaine, Layamon de 1 600.

D’après Robert de Boron, la table ronde serait une création de Merlin pour Uther Pendragon, en souvenir de la Table de la Cène et de celle fondée par Joseph d’Arimathie lors de son arrivée en Grande-Bretagne. À la mort d’Uther, la Bretagne plonge dans le chaos et la table est donnée au roi Léodagan. Lorsque Arthur arrive sur le trône et se marie à Guenièvre, fille de Léodagan, la table est donnée comme dot au nouveau roi qui installe cette table à sa cour. Dans cette version, la table accueille 150 chevaliers.

Les différents chevaliers appelés à s’installer autour de cette table ont leur nom inscrit sur le siège. Seul un siège ne porte aucune inscription et reste vacant en souvenir de Judas. C’est le « siège périlleux » sur lequel seul pourra s’asseoir le meilleur chevalier, celui qui trouvera le Graal et aura le cœur le plus pur. Ceux qui tentent leur chance mais qui ne remplissent pas ces conditions sont engloutis par la terre. Ce siège périlleux est une adaptation de la Pierre de Fal, pierre de souveraineté qui criait lorsque son souverain s’approchait d’elle.

Dans ces récits, les chevaliers sont confrontés à des éléments merveilleux : des objets aux pouvoirs prodigieux (anneau d’Yvain), des lieux enchantés (château du roi Pêcheur), de terribles dragons à combattre. Les chevaliers font la preuve de leurs capacités morales et physiques à travers des combats épiques et glorieux. Mais le chevalier est aussi un envoyé de Dieu pour lequel il réalise une mission. Ainsi, la quête du Graal, reste la plus célèbre.

Pourquoi une table « ronde » ?

Le mot allemand Tisch, « table », est un emprunt au latin discus « disque, plateau », de même l’ancien français deis qui désigne une « table d’honneur dressée sur une estrade » (B. de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 3111).

Le roi s’asseyait au milieu de la table, en hauteur, et les places d’honneur étaient situées à sa droite et à sa gauche. La forme ronde, symbolisant la fraternité, évite toute préséance entre ceux qui s’asseyent, leur rappelant que les chevaliers n‘héritent de leur place que grâce à leur courage. Ainsi les chevaliers d’Arthur forment un ordre chevaleresque, « Les chevaliers de la table ronde », et représentent alors un idéal de la chevalerie.

Deux des trois occurrences dans le Roman de Brut la présentent comme appartenant à une tradition orale « dont les Bretons disent maintes fables. » (v. 9742), ou dont Wace ne veut « guère faire de fable » (v. 10 286). Elles nous mènent donc toutes à penser qu’il n’en est pas le créateur. Il se pourrait cependant que cette potentielle source fût montée de toutes pièces par l’auteur anglo-normand, ou même qu’elle ne fût que de peu antérieure à la composition du Brut. La corrélation avec le témoignage de Gautier Map pourtant, de près de cinq ans de plus son contemporain, démontre bien une origine plus ancienne à la culture populaire du XIIe siècle. Dans le De nugis curialium du temps de Richard Cœur de Lion, à propos d’un « roi des Asiatiques » il décrit une table formée en « grand demi-cercle ».

Il s’agissait de figer autour d’un symbole fort l’aboutissement de ce qu’était devenu le royaume de Bretagne sous le roi Arthur, tout comme l’était le royaume d’Angleterre sous Henri II Plantagenêt. La Chanson de Roland l’avait déjà permis pour celui de France autour de ses douze pairs à la même période, lesquels formaient un évident parallèle avec les douze apôtres du Christ. La représentation en « C » des tables dans la chanson de geste pouvait se retrouver dans d’autres motifs artisanaux. Il en est ainsi d’une des scènes de la tapisserie de Bayeux dans laquelle se retrouvent réunis les seigneurs, les chevaliers de Guillaume le Conquérant et de l’évêque Odon autour d’une table elle aussi en forme de « grand demi-cercle », en « C ».

Au-delà de cet idéal de chevalerie, la table ronde est également à l’image du monde : « Ja verroiz la Table Ronde Qui tournoie comme le monde. » (Tristan dans Tristan et Iseut de Béroul).

Le symbole de la tablée se retrouve de nos jours et certaines communes pratiquent encore ce rite. Une reproduction de la Table ronde d’Arthur se trouve suspendue dans le Grand Hall du château de Winchester (Angleterre).

source : Wikipédia

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le talon d’Achille

le talon gauche d'une femme en culotte noire assise en tailleur

le talon d’Achille

Ralph Gibson, from the series Days at Sea, 1974

alt : le talon gauche d’une femme en culotte noire assise en tailleur

Un talon d’Achille est une faiblesse fatale en dépit d’une grande force générale, pouvant mener à la perte

D’après une légende dont la trace la plus ancienne date du Ier siècle, dans l’Achilléide de Stace, la mère d’Achille, la nymphe marine Thétis, avait plongé Achille enfant dans le fleuve des Enfers, le Styx, le tenant par le talon. Il devint ainsi invincible partout où l’eau avait été en contact avec sa peau, c’est-à-dire partout sauf au talon qui devint son point faible. C’est là que toucha la flèche de Pâris, guidée par Apollon, qui tua Achille lors de la guerre de Troie, dans une des versions du récit de cette mort. (Wikipédia)

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D’une fusée qui l’épingle Au ciel Au ciel

A l’heure où tout se tait, la reine de la nuit arpente son empire dans un vol silencieux, déployant ses sombres ailes pour environner toutes choses de son voile ténébreux et mystérieux

D’une fusée qui l’épingle Au ciel Au ciel

Alain Bashung / Auguste Raynaud, Nyx, déesse de la nuit, 1887

Couverte d’un voile parsemé d’étoiles, la déesse de la nuit parcourt l’immensité du Ciel sur un char tiré par deux chevaux noirs, suivi du fidèle cortège des astres.

Parfois, au seuil du crépuscule, la chauve-souris lui prête ses grandes ailes qu’elle déploie pour assombrir la terre.

A la fin de chaque jour, la divine Nyx, éclairée par la lune et les yeux des hiboux, quitte sa demeure à pas de loup, accompagnée de ses terribles enfants : le Sommeil sur son lit d’ébène entouré de pavots, la troupe des Songes qui hante les pauvres mortels et l’odieuse Mort qui amène la nuit éternelle.

Cependant, cette divinité immémoriale n’est pas qu’une puissance hostile et inquiétante, elle contient en elle-même les principes du monde.

Les anciens la considéraient comme un symbole primordial, la mère du Jour, des hommes et des dieux, présidant à la création de l’univers.

Souvent bienfaitrice, la Nuit est porteuse de bons conseils, libère des travaux, impose le silence et le Repos permettant d’atteindre l’oubli qui a le pouvoir d’endormir les plus grands soucis. Autrefois, à la lueur pâle d’un flambeau, on lui sacrifiait des brebis noires et un coq parce que son chant matinal appelle l’Aurore et annonce le retour de la lumière.

On dit que la nuit brune, éclairée à la faveur des astres et de la pleine lune, illumine le mystérieux sabbat des sorcières et la danse des fées. Mais la nuit noire sans l’astre de la nuit fait surgir des fantômes effrayants et les Songes les plus redoutés autour de la puissante Hécate, déesse souveraine des ombres, des terreurs nocturnes et des arts de la magie.

A l’heure où tout se tait, la reine de la nuit arpente son empire dans un vol silencieux, déployant ses sombres ailes pour environner toutes choses de son voile ténébreux et mystérieux !

Extrait de zimzimcarillon.canalblog.com

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tu prépareras le second tour dès le lendemain du premier

Madame Sisyphe roulant son rocher sur le trajet retour pour se remettre sur la ligne de départ

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Fruit of Paradise, 1970, dir. Věra Chytilová

tags : élections, série : les 27 commandements

alt : Madame Sisyphe roulant son rocher sur le trajet retour pour se remettre sur la ligne de départ

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les belles histoires de tonton yves un jour sans fin

Sisyphe était une femme et le dieu de la mort était bleu

Sisyphe était une femme et le dieu de la mort était bleu

La Planète sauvage, René Laloux, Roland Topor, 1973

Sisyphe est surtout connue pour avoir déjoué la mort, le dieu Thanatos. En échange d’une source qui ne tarirait jamais, Sisyphe révéla au dieu-fleuve Asopos où se trouvait sa fille Égine, enlevée par Zeus, qui la désirait et avait pris la forme d’un aigle. Asopos fit fuir Zeus, mais ce dernier en voulut à Sisyphe ; il envoya Thanatos la punir. Cependant, lorsque le génie de la Mort vint la chercher, Sisyphe lui proposa de lui montrer l’une de ses inventions : des menottes. Elle enchaîna Thanatos, si bien que ce dernier ne put l’emporter aux Enfers. S’apercevant que plus personne ne mourait, Zeus envoya Arès délivrer Thanatos et emmener Sisyphe aux Enfers. Mais Sisyphe avait préalablement convaincu sa femme de ne pas lui faire de funérailles adéquates. Elle put ainsi convaincre Hadès de la laisser repartir chez les vivants pour régler ce problème. Une fois revenue à Corinthe, elle refusa de retourner parmi les morts. Thanatos (ou même Hermès, selon certaines traditions) dut alors venir la chercher de force. Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamnée, dans le Tartare, à faire rouler éternellement jusqu’en haut d’une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet (Odyssée, chant XI).

alt : le doigt bleu d’un dieu fait rouler éternellement jusqu’en bas d’une colline une femme portant un bébé qui tente chaque fois de remonter au sommet

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animal, on est mal les belles histoires de tonton yves

bonjour le Léviathan

un monstre colossal évoquant une baleine surgit des flots à quelques encablures d'un petit village breton

bonjour le Léviathan

Naufrage de l’Amoco Cadiz en Bretagne, au large de Portsall (Finistère), 16 03 1978

Le Léviathan est, dans la Bible, un animal marin qui apparaît dans les Psaumes, le livre d’Isaïe, et le livre de Job. Le Talmud y fait aussi référence, évoquant la destruction de monstres marins rebelles par Dieu à la fin des temps. (Wikipedia)

tag : pour les passionnés du fact-checking et autres ayatollahs pourfendeurs de tout mécréant suspect d’utiliser une IA générative, puisqu’il faut désormais se justifier à chaque post, merci d’adresser vos cris « photoshop ! » et autres remarques au gouvernement français : morbihan.gouv.fr

alt : un monstre colossal évoquant une baleine surgit des flots à quelques encablures d’un petit village breton