cette nuit à 2 heures du matin le porte-parole du gouvernement vous lira un poème sur le changement d’heure
Seven Arts Cafe, New York City, 1959. Some of the best poets of the day performed at this Ninth Avenue venue, near Times Square – from Kerouac, Ginsberg and Corso to Ray Bremser and Diane di Prima. Photograph by Burt Glinn
tag : printemps des poètes
alt : un couple dans un escalier attendant l’heure de la lecture de poèmes
Armstrong tu te fends la poire on voit toutes tes dents
Claude Nougaro / Front Street, Rochester, NY, Photo by Kenneth Josephson, 1956
alt : une femme noire, le bras passé autour du cou d’une amie, rit à gorge déployée, dévoilant sa superbe dentition
Moi, je broie plutôt du noir Du noir en dedans Chante pour moi, Louise Oh oui Chante, chante, chante Ça tient chaud J’ai froid, oh moi Qui suis blanc de peau
Jean Ferrat / Ératosthène / ISS, Himalayas, Planet Earth
tag : Comment peut-on s’imaginer Que le printemps vient d’arriver ?
alt : la chaîne de l’Himalaya sur la terre ronde photographiée de la station spatiale internationale placée en orbite terrestre basse
c’est Galilée qui a affirmé que la Terre est ronde contre la croyance de l’Eglise. Cependant, cette découverte date de l’Antiquité et a été en partie réalisée par Ératosthène. Ce sont les savants grecs du Ve siècle avant notre ère qui, les premiers, grâce à l’observation et au raisonnement, ont montré que la Terre était une sphère. Deux siècles plus tard, l’un d’eux (Ératosthène) parvient même à mesurer le méridien terrestre, et donc à connaître la dimension de la Terre.
Martin Gabriel Pavel Daily Portrait Brno-Bratislava-Budapest-Vienna (site web)
alt : un homme nu, debout dans le lac des cygnes du printemps
D’où vient l’expression en mars ne découvre pas tes métatarses ?
L’expression complète comporte une deuxième partie, qui se met en parallèle de la première : en mars, ne découvre pas tes métatarses, en mai, fais ce qu’il te plaît. Mais quelle est son origine ?
Ce dicton populaire apporte un commentaire météorologique sur les saisons. Il indique qu’au début du printemps en mars, on peut s’attendre à un retour du froid, et que c’est au mois de mai que la chaleur s’installera. Mais on l’utilise plutôt pour dire qu’il faut continuer à s’habiller chaudement même s’il commence à faire beau.
Selon toute vraisemblance, l’expression en mars ne découvre pas tes métatarses provient de la sagesse populaire (et non d’un auteur précis). Sous cette forme, elle date des années 1950. Mais une variante un peu plus courte a circulé dès le début du XXe siècle : mars, cache tes métatarses, mai, fais ce qu’il te plaît.
Et auparavant, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, ce proverbe avait la forme d’un quatrain au rythme plus régulier : « au mois de mars, / ne quitte pas tes chaussettes éparses ; / au mois de mai, / quitte ce qu’il te plaît ». Dans cette variante, le verbe quitter a le sens de « poser un vêtement ».
alt : les plis des lombes d’une monade, chapelle de marbre blanc
Le pli a toujours existé dans les arts ; mais le propre du Baroque est de porter le pli à l’infini. Si la philosophie de Leibniz est baroque par excellence, c’est parce que tout se plie, se déplie, se replie. Sa thèse la plus célèbre est celle de l’âme comme « monade » sans porte ni fenêtre, qui tire d’un sombre fond toutes ses perceptions claires : elle ne peut se confondre que par analogie avec l’intérieur d’une chapelle baroque, de marbre noir, où la lumière n’arrive que par des ouvertures imperceptibles à l’observateur du dedans ; aussi l’âme est-elle pleine de plis obscurs. Pour découvrir un néo-Baroque moderne, il suffit de suivre l’histoire du pli infini dans tous les arts : « pli selon pli », avec la poésie de Mallarmé et le roman de Proust, mais aussi l’oeuvre de Michaux, la musique de Boulez, la peinture de Hantaï. Et ce néo-leibnizianisme n’a cessé d’inspirer la philosophie.