Armstrong tu te fends la poire on voit toutes tes dents
Claude Nougaro / Front Street, Rochester, NY, Photo by Kenneth Josephson, 1956
alt : une femme noire, le bras passé autour du cou d’une amie, rit à gorge déployée, dévoilant sa superbe dentition
Moi, je broie plutôt du noir Du noir en dedans Chante pour moi, Louise Oh oui Chante, chante, chante Ça tient chaud J’ai froid, oh moi Qui suis blanc de peau
Jean Ferrat / Ératosthène / ISS, Himalayas, Planet Earth
tag : Comment peut-on s’imaginer Que le printemps vient d’arriver ?
alt : la chaîne de l’Himalaya sur la terre ronde photographiée de la station spatiale internationale placée en orbite terrestre basse
c’est Galilée qui a affirmé que la Terre est ronde contre la croyance de l’Eglise. Cependant, cette découverte date de l’Antiquité et a été en partie réalisée par Ératosthène. Ce sont les savants grecs du Ve siècle avant notre ère qui, les premiers, grâce à l’observation et au raisonnement, ont montré que la Terre était une sphère. Deux siècles plus tard, l’un d’eux (Ératosthène) parvient même à mesurer le méridien terrestre, et donc à connaître la dimension de la Terre.
après sa défaite dans la course à la Mairie de Paris, Rachida Dati se remet courageusement au travail
tags : Victor Hugo, il est cinq heures Rachida s’éveille
alt : photographie de Mme Dati à l’aube dans les rues de la capitale, ayant déjà rebondi et rejoint les équipes de Propreté de Paris – Collecte des déchets
La Bible, livre de l’Exode 34.21 / Alfred Stieglitz, Fatiguée, 1890
tag : féminisme
alt : une jeune fille se repose dans l’herbe, la tête appuyée contre un lourd fagot de bois. Pieds nus et yeux clos, elle incarne à la fois l’épuisement et l’innocence dans ce paysage rural
Moi j’ai pris la peine de les déchausser Les sabots d’Hélène, moi qui ne suis pas capitaine Et j’ai vu ma peine bien récompensée Dans les sabots de la pauvre Hélène, dans ses sabots crottés Moi j’ai trouvé les pieds d’une reine et je les ai gardés
Alain Bashung / Auguste Raynaud, Nyx, déesse de la nuit, 1887
Couverte d’un voile parsemé d’étoiles, la déesse de la nuit parcourt l’immensité du Ciel sur un char tiré par deux chevaux noirs, suivi du fidèle cortège des astres.
Parfois, au seuil du crépuscule, la chauve-souris lui prête ses grandes ailes qu’elle déploie pour assombrir la terre.
A la fin de chaque jour, la divine Nyx, éclairée par la lune et les yeux des hiboux, quitte sa demeure à pas de loup, accompagnée de ses terribles enfants : le Sommeil sur son lit d’ébène entouré de pavots, la troupe des Songes qui hante les pauvres mortels et l’odieuse Mort qui amène la nuit éternelle.
Cependant, cette divinité immémoriale n’est pas qu’une puissance hostile et inquiétante, elle contient en elle-même les principes du monde.
Les anciens la considéraient comme un symbole primordial, la mère du Jour, des hommes et des dieux, présidant à la création de l’univers.
Souvent bienfaitrice, la Nuit est porteuse de bons conseils, libère des travaux, impose le silence et le Repos permettant d’atteindre l’oubli qui a le pouvoir d’endormir les plus grands soucis. Autrefois, à la lueur pâle d’un flambeau, on lui sacrifiait des brebis noires et un coq parce que son chant matinal appelle l’Aurore et annonce le retour de la lumière.
On dit que la nuit brune, éclairée à la faveur des astres et de la pleine lune, illumine le mystérieux sabbat des sorcières et la danse des fées. Mais la nuit noire sans l’astre de la nuit fait surgir des fantômes effrayants et les Songes les plus redoutés autour de la puissante Hécate, déesse souveraine des ombres, des terreurs nocturnes et des arts de la magie.
A l’heure où tout se tait, la reine de la nuit arpente son empire dans un vol silencieux, déployant ses sombres ailes pour environner toutes choses de son voile ténébreux et mystérieux !
Paul Delvaux, L’entrée de la ville (ou L’Entrée dans la ville), 1940 (propriétaire privé) / Daniel Balavoine
alt : une allée ombragée par des arbres en fleur (nous sommes donc au printemps) trace une perspective rectiligne avec, soit bordant l’allée, soit dans le fond du tableau, les constructions éparses habituelles chez Delvaux : c’est moins une ville qu’une ville fantôme, pourtant habitée (il y a peut-être une réminiscence de la voie d’entrée à Pompéi, que Delvaux avait visitée quelques années plus tôt). On retrouve un homme en costume noir et chapeau melon, vu de dos, qui lit son journal en suivant l’allée, un autre homme vu de face, chauve, en costume, lit un livre en marchant ; sur les côtés de l’allée de nombreuses figures se promènent, les hommes habillés, les femmes nues. Au centre de la toile, une jeune femme, nue mais revêtue partiellement d’une draperie jaune, remarquable par les branchages qu’elle porte dans ses cheveux, à droite une autre complètement nue. Un personnage masculin, un jeune homme, nu également, est assis au premier plan à gauche et consulte une grande carte – un plan de la ville ? On dit que les jeunes gens dans les tableaux de Delvaux – du moins ceux de cette époque – représentaient le peintre lui-même (non tel qu’il était en 1940, déjà âgé de plus de quarante ans, mais vu comme un adolescent) ; mais il est difficile de donner une interprétation de sa présence. Dans tous les cas, il n’est pas en « interaction » comme on dit maintenant, avec les personnages féminins.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque la Belgique malgré sa neutralité. En 18 jours, le pays est à genoux, ses capacités de défense hors d’état : le roi Léopold III signe l’ordre de capitulation le 28 mai. Le gouvernement qui désapprouve cet ordre, quitte la Belgique, d’abord pour la France qui combat encore, puis pour Londres, tandis que le roi reste en Belgique refusant d’abandonner son peuple – une attitude dénoncée par certains qui y voient un assentiment devant le fait accompli. Critiqué pour avoir signé la capitulation (au lieu de choisir de quitter le pays comme le gouvernement), on va aussi reprocher au roi son comportement durant les années d’occupation (bien qu’il s‘abstienne de toute prise de position publique). Ces reproches vont déboucher après-guerre, sur ce qu’on a appelé « la question royale », qui va diviser la Belgique, avec beaucoup d’incidents parfois très graves, jusqu’en 1951, quand Léopold III abdique au profit de son fils Baudoin (à qui il avait déjà remis ses pouvoirs en 1950).
Delvaux ne vit pas dans une tour d’ivoire – ou alors il n’a plus la possibilité d’y vivre : avec ses tantes (il n’est pas question de sa femme ?), il quitte Bruxelles en mai 40 et se lance sur les routes de l’exode – mais tombé en panne, il revient à son point de départ, ce qui finalement lui évite sans doute de plus graves désagréments.
La Belgique connait donc l’effondrement militaire, la désorganisation de l’Etat, l’occupation avec ses multiples tragédies
Delvaux va traduire ces moments dramatiques en peinture, non sous forme directe bien sûr mais en les transposant dans son univers habituel qui épouse l’angoisse vécue par la collectivité.