Quel que soit le temps que ça prenne quel que soit l’enjeu Je veux être un panda heureux
William Sheller
tags : volontarisme acharné, quête du bonheur et méthode Coué, substances illicites et bonnes résolutions
alt : sur la plateforme découverte d’un bus roulant sur le périphérique d’une grande ville, un humain en costume de panda exécute une danse endiablée alors que ses congénères se tiennent à la rambarde en effectuant seulement quelques mouvements de tête ou balancements, soit le minimum syndical
Meester met de Papegaai, Detail of The Suicide of Lucretia, 1525
Le Maître au perroquet
est le nom donné à un peintre actif à Anvers pendant la première moitié du XVIᵉ siècle. On doit cette appellation à l’oiseau représenté sur certaines de ses peintures. En 2017, il est identifié comme étant Cornelis Bazelaere, mentionné dans les registres de la Guilde d’Anvers en 1523. Wikipédia
alt : Lucrèce se donnant la mort en enfonçant la pointe d’une dague dans sa poitrine dénudée
Lucrèce meurt comme un homme,
par le fer, ce qui est très inhabituel, car il existe des manières genrées de se suicider qui semblent encore prévaloir aujourd’hui. Le fait que Lucrèce se donne la mort par le glaive lui assigne une âme virile. Elle est donc louée pour ce courage digne des plus grands hommes. En même temps, sa liberté se résume à celle de se donner la mort. Il faut qu’elle meure pour se faire entendre et c’est son silence qui est éloquent. Cette logique fait dire à Simone de Beauvoir qu’elle est un exemple de femme prétexte: «Les voix féminines se taisent là où commence l’action concrète.» Lucrèce a ensuite été étudiée dans les années 1980-2000, par des auteures qui ont vu en elle une représentation de la violence exercée sur le corps féminin.
Henri de Riedmatten «Le Suicide de Lucrèce. Éros et politique à la Renaissance» Actes Sud, collection «Les Apparences», 2022, 298 p.
Dans l’imaginaire mythologique romain,
Lucrèce incarne l’idéal de chasteté et de modestie féminines. Tandis que la plupart des nobles épouses se complaisent à festoyer sitôt que leurs maris ont le dos tourné, Lucrèce s’emploie en pareilles circonstances à travailler la laine en compagnie de ses servantes. À cette vertu, elle joint une beauté qui ne manque pas d’aiguiser la curiosité de Sextus Tarquin, fils du dernier roi de Rome, Tarquin le Superbe. Sextus s’introduit donc dans la chambre de Lucrèce, tente en vain de la séduire, avant de menacer de la tuer et d’égorger un esclave qu’il mettra à ses côtés faisant croire à un adultère. Placée devant la perspective d’un tel déshonneur, Lucrèce finit par céder et Sextus la viole. Accablée de douleur, elle appelle son mari ainsi que Lucius Junius Brutus, neveu du roi, qui a su habilement dissimuler son flair politique derrière l’apparence d’un personnage falot. À peine Lucrèce a-t-elle achevé le récit du forfait de Sextus et demandé que celui-ci soit puni en conséquence qu’elle se perce le cœur à l’aide d’un couteau dissimulé sous sa robe. Bouleversé, Brutus retire le couteau de la plaie et, le brandissant, jure de chasser du pouvoir Tarquin et toute sa descendance. Par son suicide, Lucrèce enclenche ainsi le processus qui mènera à la fin de la royauté et à l’avènement de la république romaine.
Sisyphe était une femme et le dieu de la mort était bleu
La Planète sauvage, René Laloux, Roland Topor, 1973
Sisyphe est surtout connue pour avoir déjoué la mort, le dieu Thanatos. En échange d’une source qui ne tarirait jamais, Sisyphe révéla au dieu-fleuve Asopos où se trouvait sa fille Égine, enlevée par Zeus, qui la désirait et avait pris la forme d’un aigle. Asopos fit fuir Zeus, mais ce dernier en voulut à Sisyphe ; il envoya Thanatos la punir. Cependant, lorsque le génie de la Mort vint la chercher, Sisyphe lui proposa de lui montrer l’une de ses inventions : des menottes. Elle enchaîna Thanatos, si bien que ce dernier ne put l’emporter aux Enfers. S’apercevant que plus personne ne mourait, Zeus envoya Arès délivrer Thanatos et emmener Sisyphe aux Enfers. Mais Sisyphe avait préalablement convaincu sa femme de ne pas lui faire de funérailles adéquates. Elle put ainsi convaincre Hadès de la laisser repartir chez les vivants pour régler ce problème. Une fois revenue à Corinthe, elle refusa de retourner parmi les morts. Thanatos (ou même Hermès, selon certaines traditions) dut alors venir la chercher de force. Pour avoir osé défier les dieux, Sisyphe fut condamnée, dans le Tartare, à faire rouler éternellement jusqu’en haut d’une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet (Odyssée, chant XI).
alt : le doigt bleu d’un dieu fait rouler éternellement jusqu’en bas d’une colline une femme portant un bébé qui tente chaque fois de remonter au sommet
alt : la position de l’homme comme une noire en manteau d’hiver sur la portée musicale des lignes téléphoniques, valant un temps dans une mesure chiffrée 4/4
Le moko kauae est un tatouage sacré maori ornant le menton et les lèvres des femmes. Il représente leur identité, leur lignée (whakapapa), leurs appartenances tribales et leur statut, symbolisant le leadership, l’ascendance et le lien avec les ancêtres. Chaque tatouage est unique et reflète l’histoire et les accomplissements de celle qui le porte, marquant ainsi un parcours culturel et personnel significatif. Il symbolise le mana (prestige) et est considéré comme une manifestation physique de l’identité culturelle profonde, souvent réalisé comme un rite de passage.