
souple comme le roseau
Alexandre Manuel, landscape IV, Vietnam, 2017
tags : minimalisme, un dimanche au bord de l’eau, pêche à la ligne
alt : la courbe épurée d’une tige végétale au dessus de l’eau
comprendre les expressions françaises : linguistique idiomatique, dictons, proverbes, origine et sens caché des mots, apprendre le français par l’absurde
concours Eurovision de la chanson : toutes les bouches en cul de poule auront leur chance
Proboscis Monkey / singe nasique
tags : anulingus, choriste bucco-anal, nez en coeur
alt : gros plan sur la bouche d’un singe nasique qui passe après son chant sa langue sur ses lèvres évoquant irrésistiblement un anus
ne nous laisse pas entrer en tentation
Fou d’amour (2015) Philippe Ramos, avec Melvil Poupaud, Diane Rouxel, Dominique Blanc
alt : un prêtre en soutane donne le bras à une mariée nue sous son voile pour pénétrer dans la maison, dans la chambre, elle se découvre
Décembre 1959. Un prêtre est guillotiné. Au fond du panier, sa tête raconte l’histoire qui l’a conduit à sa fin tragique. Après son renvoi de la dernière paroisse où il officiait – en raison de ses mœurs sexuelles débridées – il arrive au village d’Albon, près de Lyon.

en mars ne découvre pas tes métatarses
Martin Gabriel Pavel Daily Portrait Brno-Bratislava-Budapest-Vienna (site web)
alt : un homme nu, debout dans le lac des cygnes du printemps
L’expression complète comporte une deuxième partie, qui se met en parallèle de la première : en mars, ne découvre pas tes métatarses, en mai, fais ce qu’il te plaît. Mais quelle est son origine ?
Ce dicton populaire apporte un commentaire météorologique sur les saisons. Il indique qu’au début du printemps en mars, on peut s’attendre à un retour du froid, et que c’est au mois de mai que la chaleur s’installera. Mais on l’utilise plutôt pour dire qu’il faut continuer à s’habiller chaudement même s’il commence à faire beau.
Selon toute vraisemblance, l’expression en mars ne découvre pas tes métatarses provient de la sagesse populaire (et non d’un auteur précis). Sous cette forme, elle date des années 1950. Mais une variante un peu plus courte a circulé dès le début du XXe siècle : mars, cache tes métatarses, mai, fais ce qu’il te plaît.
Et auparavant, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, ce proverbe avait la forme d’un quatrain au rythme plus régulier : « au mois de mars, / ne quitte pas tes chaussettes éparses ; / au mois de mai, / quitte ce qu’il te plaît ». Dans cette variante, le verbe quitter a le sens de « poser un vêtement ».
Camille Martinez

j’en tire les conclusions en me retirant du monde du basket
Lionel Jospin playing basket -ball in Marcel Fontaine gymasium In Meaux, France On March 03, 1984. Photo by Daniel Simon
tag : mort d’un basketteur, larmes à gauche
alt : Lionel Jospin jouant au basket-ball dans le gymnase Marcel Fontaine à Meaux

le talon d’Achille
Ralph Gibson, from the series Days at Sea, 1974
alt : le talon gauche d’une femme en culotte noire assise en tailleur
Un talon d’Achille est une faiblesse fatale en dépit d’une grande force générale, pouvant mener à la perte
D’après une légende dont la trace la plus ancienne date du Ier siècle, dans l’Achilléide de Stace, la mère d’Achille, la nymphe marine Thétis, avait plongé Achille enfant dans le fleuve des Enfers, le Styx, le tenant par le talon. Il devint ainsi invincible partout où l’eau avait été en contact avec sa peau, c’est-à-dire partout sauf au talon qui devint son point faible. C’est là que toucha la flèche de Pâris, guidée par Apollon, qui tua Achille lors de la guerre de Troie, dans une des versions du récit de cette mort. (Wikipédia)

prenez et mangez ceci est mon corps
Matthieu 26:26 / Lech Wilczek
tag : donner du pain aux cochons
alt : Lech Wilczek rompant le pain avec un sanglier
Adam Wajrak : Lech adorait les animaux. Nous nous sommes rencontrés grâce à notre loutre, Julka, que nous avons élevée depuis son plus jeune âge.
Lech était profondément préoccupé par la forêt. Il est arrivé dans le gîte forestier du Parc national de Białowieża en 1952 et s’y est installé définitivement en 1971. L’exploitation forestière devait alors être très visible. Il a assisté à ce carnage pendant plus de 50 ans. Je pense qu’il la constatait presque quotidiennement, voire plusieurs fois par jour.
Ici, on pouvait tourner la tête et ne rien voir. On traversait des endroits épargnés par l’exploitation forestière, sans aucun point de comparaison avec ce qui était resté intact, ce qui rendait l’exploitation moins effrayante. Lech, lui, n’avait pas ce privilège de l’ignorance. La route de Białowieża à Dziedzinka, le gîte forestier du Parc national où ils vivaient tous deux, longe la route de Browska. Cette route suit la limite de la réserve intégrale du Parc national de Białowieża. D’un côté, un paradis de grands arbres centenaires, d’arbres déracinés. Une forêt moussue, moisie et négligée ; de l’autre, une forêt décimée par la coupe à blanc et la culture. D’un côté, une nature sauvage et merveilleuse ; de l’autre, une forêt sciée, pillée, et plantée ici et là en rangées. D’un côté, la vraie forêt ; de l’autre, la forêt assassinée. Ces deux mondes, qui devraient n’en former qu’un, sont séparés par quelques mètres seulement.
Cela peinait profondément Lech. Il en parlait et écrivait à ce sujet. Après 2011, lorsque l’exploitation forestière a diminué et que la forêt a pu se régénérer, il rayonnait de joie. J’avais l’impression que cette forêt vierge remplaçait Simona, décédée en 2007. Il était comme revigoré. Et puis, lorsque l’exploitation forestière a dû reprendre, il s’y est fermement opposé.
source : wyborcza.pl