alt : Lech Wilczek rompant le pain avec un sanglier
Adam Wajrak : Lech adorait les animaux. Nous nous sommes rencontrés grâce à notre loutre, Julka, que nous avons élevée depuis son plus jeune âge.
Lech était profondément préoccupé par la forêt. Il est arrivé dans le gîte forestier du Parc national de Białowieża en 1952 et s’y est installé définitivement en 1971. L’exploitation forestière devait alors être très visible. Il a assisté à ce carnage pendant plus de 50 ans. Je pense qu’il la constatait presque quotidiennement, voire plusieurs fois par jour.
Ici, on pouvait tourner la tête et ne rien voir. On traversait des endroits épargnés par l’exploitation forestière, sans aucun point de comparaison avec ce qui était resté intact, ce qui rendait l’exploitation moins effrayante. Lech, lui, n’avait pas ce privilège de l’ignorance. La route de Białowieża à Dziedzinka, le gîte forestier du Parc national où ils vivaient tous deux, longe la route de Browska. Cette route suit la limite de la réserve intégrale du Parc national de Białowieża. D’un côté, un paradis de grands arbres centenaires, d’arbres déracinés. Une forêt moussue, moisie et négligée ; de l’autre, une forêt décimée par la coupe à blanc et la culture. D’un côté, une nature sauvage et merveilleuse ; de l’autre, une forêt sciée, pillée, et plantée ici et là en rangées. D’un côté, la vraie forêt ; de l’autre, la forêt assassinée. Ces deux mondes, qui devraient n’en former qu’un, sont séparés par quelques mètres seulement.
Cela peinait profondément Lech. Il en parlait et écrivait à ce sujet. Après 2011, lorsque l’exploitation forestière a diminué et que la forêt a pu se régénérer, il rayonnait de joie. J’avais l’impression que cette forêt vierge remplaçait Simona, décédée en 2007. Il était comme revigoré. Et puis, lorsque l’exploitation forestière a dû reprendre, il s’y est fermement opposé.
Paul Delvaux, Crucifixion, 1954. Huile sur panneau, 200 x 270 cm, Collection privée en dépôt au Musée d’Ixelles, Bruxelles
alt : des morts levant la tête vers le squelette de Jésus en croix
Delvaux s’est exprimé sur les squelettes qui pour lui ne représentent pas la mort, mais la vie. Le squelette est une structure qui permet de représenter tous les mouvements humains, il est l’essence de la vie. Il rattachait son goût pour les squelettes à des souvenirs de scolarité où un squelette dans une salle d’études l’avait d’abord effrayé.
En 1949, (à Choisel), il utilise les squelettes pour des scènes dans la tradition de la peinture religieuse. .
Dans ces tableaux, les scènes fondatrices du christianisme (L’annonciation,La Crucifixion, Ecce Homo ou La Descente de croix, La mise au Calvaire) sont en quelque sorte interprétées par des squelettes.
Delvaux s’est défendu de toute intention provocatrice : « Je ne pouvais pas peindre des scènes religieuses avec des personnages vivants, cela aurait été stupide, cela n’aurait eu aucun sens. Cela avait été fait mille fois, admirablement, au cours des siècles précédents. Ce que je pouvais faire, c’était remplacer la figure vivante par des squelettes, parce qu’alors je pouvais soudainement donner à mes squelettes quelque chose de différent, de dramatique, de vivant. »
William Helburn. Jean Shrimpton, Westhampton Beach, NY 1964
alt : assise sur le muret d’une terrasse, une jeune femme en long pull mauve tient ses genoux dans ses bras, un verre de vin blanc posé entre ses pieds cache son intimité
saint-valentin : aujourd’hui c’est moi qui essuie la vaisselle !
The Bat, Vincent Price
tags : il n’y a pas d’amour il n’y a que des preuves d’amour (Pierre Reverdy), abnégation, les sublimes sacrifices, les gestes qui l’émeuve, je suis le Christ qui enlève l’humidité des assiettes
alt : image extraordinaire (c’est du cinéma) d’un homme en chemise à carreaux virile essuyant une soucoupe, manifestement profondément perturbé par l’étrangeté de cette activité
Tu es Pierre et sur cette pierre je ferai de la musique
Évangile (Mt 16,13-20)
tags : musique de pierre, le lithophone est un instrument de musique datant de la Préhistoire
alt : jeune femme d’Asie jouant du lithophone, instrument de percussion de type idiophone formé d’un ensemble de pierres sonores posées sur une table, frappées aux maillets de bois