Walther Caspari (1869-1913), Katerstimmung (humeur chatgrine de gueule de bois)
alt : assis sur une marche au bas de l’escalier parmi les cadavres de bouteilles, Pierrot se tient la tête à deux mains, entouré d’une multitude de chats curieux
Ememen, street art, flacking (en référence aux flaques d’eau), combler les nids-de-poule et autres défauts des rues de carreaux de mosaïques multicolores
tags : acte poétique, rendre beau ce qui est cassé
alt : des marches de ciment ébréchées réparées avec des carreaux de mosaïques multicolores
Aux marches du palais. Aux marches du palais. Y a une tant belle fille, lon la, Y a une tant belle fille.
Elle a tant d’amoureux. Elle a tant d’amoureux. Qu’elle ne sait lequel prendre, lon la. Qu’elle ne sait lequel prendre.
C’est un p’tit cordonnier. C’est un p’tit cordonnier. Qu’a z’eu la préférence, lon la. Qu’a z’eu la préférence.
C’est en la l’y chaussant. C’est en la l’y chaussant. Qu’il y fit sa demande, lon la. Qu’il y fit sa demande.
La belle si tu voulais. La belle si tu voulais. Nous dormirions ensemble, lon la. Nous dormirions ensemble.
Dans un grand lit carré. Dans un grand lit carré. Couvert de toille blanche, lon la. Couvert de toille blanche.
Aux quatre coins du lit. Aux quatre coins du lit. Un bouquet de pervenches, lon la. Un bouquet de pervenches.
Dans le mitan du lit. Dans le mitan du lit. La rivière est profonde, lon la. La rivière est profonde.
Tous les chevaux du Roi. Tous les chevaux du Roi. Pourraient y boire ensemble, lon la. Pourraient y boire ensemble.
Et nous y dormirions. Et nous y dormirions. Jusqu’à la fin du monde, lon la. Jusqu’à la fin du monde.
aux marches du palais, ballade dont les auteurs sont anonymes, provenant de relevés du XVIIIe siècle, mais il existe une chanson au thème similaire, « La Flamande », publiée par Chardavoine dès 1615.
alt : assise en sous-vêtements sur le lit dans sa chambre d’hôtel, une femme regarde à la télévision le prince qui, par « Un baiser d’amour véritable réveille Blanche-Neige », considérée comme morte, sans avoir recueilli son consentement explicite
Et je m’attache dans l’eau verte de l’absinthe À suivre éperdument par l’hiver alléché Et la neige de leurs beaux corps aux fleurs éteintes Des femmes que l’amour a métamorphosées
la bouteille et le verre (Antonin Artaud) / The Hands of Antonin Artaud, Photo by Man Ray, 1922
tags : faites vos jeux rien ne va plus, la magie du sucre, AA
alt : des mains font tourner les sucres sur un guéridon
texte complet :
La lave verte de l’absinthe a submergé Le beau soir suspendu dans l’air avec ses rames Et fait monter dans la bouteille aux lames calmes Les étoiles d’un jour interne et plus léger.
Dans les glaces du bar où la lune a neigé S’écoule la fontaine de la place publique, Où tournent frénétiquement les mécaniques D’autos fuyant avec des yeux diamantés.
Et je m’attache, dans l’eau verte de l’absinthe, À suivre éperdument par l’hiver alléché Et la neige de leurs beaux corps aux fleurs éteintes Des femmes que l’amour a métamorphosées.