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il est cinq heures – Barcelone s’éveille

1976, les brutalités policières lors d'une marche pour la liberté à Barcelone

il est cinq heures – Barcelone s’éveille

1976, les brutalités policières lors d’une marche pour la liberté à Barcelone, trois mois après la mort du dictateur fasciste Francisco Franco, vues par le photojournaliste Manel Armengol / Jacques Dutronc

tag : se réveiller dans un monde fasciste

Le 1er février 1976, trois mois après la mort du dictateur généralissime Francisco Franco (4 décembre 1892 – 20 novembre 1975), l’Assemblée de Catalogne (Asemblea de Catalunya) défile dans Barcelone sous la bannière « Liberté, Amnistie, État d’Autonomie ». Des associations de résidents, des syndicats, des partis politiques (dont beaucoup illégaux), ainsi que des représentants d’organisations culturelles et artistiques participent à la manifestation. Au début, le mouvement est pacifique. Un sit-in est organisé sur le Passeig de Sant Joan, à l’angle de la Carrer de Provença. Mais la Garde civile et les forces anti-émeutes lancent des grenades lacrymogènes sur les manifestants assis et chargent. Plus tard, de nombreux groupes défilent dans les rues de l’Eixample pour atteindre la prison Modelo, où ils réclament la libération des prisonniers politiques. La Garde civile les attend. Les agents sont armés de fusils. Manel Armengol a un appareil photo.

Le gouvernement madrilène, alors dirigé par Carlos Arias Navarro (11 décembre 1908 – 27 novembre 1989), a réagi aux manifestations en s’accordant avec Manuel Fraga (23 novembre 1922 – 15 janvier 2012), alors ministre de l’Intérieur, sur le bouclage de la ville et le déploiement de détachements des Grises, la police honnie. « Les rues sont à moi ! » s’est exclamé Fraga.

Les Grises, corps armé de police anti-émeute et de la circulation (Cuerpo de Policía Armada y de Tráfico) placé sous le commandement de l’armée, furent formés immédiatement après la guerre civile. On les appelait « los Grises » (les Gris) en raison de la couleur de leur uniforme. Ils étaient autorisés (et encouragés) à mutiler, torturer et tuer, ce qu’ils faisaient souvent avec jubilation et arrogance. La barbarie avec laquelle ils réprimaient les manifestations de contestation populaire est légendaire et reste à documenter pleinement.

« La démocratie s’est conquise par la base. Les projets de prolongation du régime après la mort de son créateur ont été sapés au début des années 1970 par la mobilisation persistante des ouvriers, des étudiants, des associations de résidents et des mouvements réclamant l’autonomie, entre autres. […] Dans les faits, l’agitation sociale est devenue le moteur du changement politique. »
– Sebastian Balfour : Dictature, ouvriers et ville

source : flashbak.com

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1950年代的“智能汽车”陆空两栖座驾,还有感应顶棚和智能大灯,竟然还有升降

1950年代的“智能汽车”陆空两栖座驾,还有感应顶棚和智能大灯,竟然还有升降

tag : version originale

alt : 1950 Niándài de “zhìnéng qìchē” lù kōng liǎngqī zuòjià, hái yǒu gǎnyìng dǐngpéng hé zhìnéng dà dēng, jìngrán hái yǒu shēngjiàng



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la France dominant le monde

sculpture emblématique de Brême représentant l'âne, le chien, le chat et le coq juchés les uns sur les autres

la France dominant le monde

Inspirée du conte des frères Grimm, cette sculpture emblématique de Brême représente l’âne, le chien, le chat et le coq juchés les uns sur les autres. Elle a été créée par le sculpteur allemand Gerhard Marcks en 1953

Un homme avait un âne qui l’avait servi fidèlement pendant longues années, mais dont les forces étaient à bout, si bien qu’il devenait chaque jour plus impropre au travail. Le maître songeait à le dépouiller de sa peau ; mais l’âne, s’apercevant que le vent soufflait du mauvais côté, s’échappa et prit la route de Brème : « Là, se disait-il, je pourrai devenir musicien de la ville. »

Comme il avait marché quelque temps, il rencontra sur le chemin un chien de chasse qui jappait comme un animal fatigué d’une longue course. « Qu’as-tu donc à japper de la sorte, camarade ? lui dit-il.

— Ah ! répondit le chien, parce que je suis vieux, que je m’affaiblis tous les jours et que je ne peux plus aller à la chasse, mon maître a voulu m’assommer ; alors j’ai pris la clef des champs ; mais comment ferai-je pour gagner mon pain ?

— Eh bien ! dit l’âne, je vais à Brème pour m’y faire musicien de la ville, viens avec moi et fais-toi aussi recevoir dans la musique. Je jouerai du luth, et toi tu sonneras les timbales. »

Le chien accepta, et ils suivirent leur route ensemble. À peu de distance, ils trouvèrent un chat couché sur le chemin et faisant une figure triste comme une pluie de trois jours. « Qu’est-ce donc qui te chagrine, vieux frise-moustache ? lui dit l’âne.

— On n’est pas de bonne humeur quand on craint pour sa tête, répondit le chat : parce que j’avance en âge, que mes dents sont usées et que j’aime mieux rester couché derrière le poêle et filer mon rouet que de courir après les souris, ma maîtresse a voulu me noyer ; je me suis sauvé à temps : mais maintenant que faire, et où aller ?

— Viens avec nous à Brème ; tu t’entends fort bien à la musique nocturne, tu te feras comme nous musicien de la ville. »

Le chat goûta l’avis et partit avec eux. Nos vagabonds passèrent bientôt devant une cour, sur la porte de laquelle était perché un coq qui criait du haut de sa tête. « Tu nous perces la moelle des os, dit l’âne ; qu’as-tu donc à crier de la sorte ?

— J’ai annoncé le beau temps, dit le coq, car c’est aujourd’hui le jour où Notre-Dame a lavé les chemises de l’enfant Jésus et où elle doit les sécher ; mais, comme demain dimanche on reçoit ici à dîner, la maîtresse du logis est sans pitié pour moi ; elle a dit à la cuisinière qu’elle me mangerait demain en potage, et ce soir il faudra me laisser couper le cou. Aussi crié-je de toute mon haleine, pendant que je respire encore.

— Bon ! dit l’âne, crête rouge que tu es, viens plutôt à Brème avec nous ; tu trouveras partout mieux que la mort tout au moins ; tu as une bonne voix, et, quand nous ferons de la musique ensemble, notre concert aura une excellente façon. »

Le coq trouva la proposition de son goût, et ils détalèrent tous les quatre ensemble. Ils ne pouvaient atteindre la ville de Brème le même jour ; ils arrivèrent le soir dans une forêt où ils comptaient passer la nuit. L’âne et le chien s’établirent sous un grand arbre, le chat et le coq y grimpèrent, et même le coq prit son vol pour aller se percher tout au haut, où il se trouverait plus en sûreté. Avant de s’endormir, comme il promenait son regard aux quatre vents, il lui sembla qu’il voyait dans le lointain une petite lumière ; il cria à ses compagnons qu’il devait y avoir une maison à peu de distance, puisqu’on apercevait une clarté. « S’il en est ainsi, dit l’âne, délogeons et marchons en hâte de ce côté, car cette auberge n’est nullement de mon goût. » Le chien ajouta : « En effet, quelques os avec un peu de viande ne me déplairaient pas. »

Ils se dirigèrent donc vers le point d’où partait la lumière ; bientôt ils la virent briller davantage et s’agrandir, jusqu’à ce qu’enfin ils arrivèrent en face d’une maison de brigands parfaitement éclairée. L’âne, comme le plus grand, s’approcha de la fenêtre et regarda en dedans du logis. « Que vois-tu là, grison ? lui demanda le coq.

— Ce que je vois ? dit l’âne ; une table chargée de mets et de boisson, et alentour des brigands qui s’en donnent à cœur joie.

— Ce serait bien notre affaire, dit le coq.

— Oui, certes, reprit l’âne ; ah ! si nous étions là ! »

Ils se mirent à rêver sur le moyen à prendre pour chasser les brigands ; enfin ils se montrèrent. L’âne se dressa d’abord en posant ses pieds de devant sur la fenêtre, le chien monta sur le dos de l’âne, le chat grimpa sur le chien, le coq prit son vol et se posa sur la tête du chat. Cela fait, ils commencèrent ensemble leur musique à un signal donné. L’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à chanter : puis ils se précipitèrent par la fenêtre dans la chambre en enfonçant les carreaux qui volèrent en éclats. Les voleurs, en entendant cet effroyable bruit, se levèrent en sursaut, ne doutant point qu’un revenant n’entrât dans la salle, et se sauvèrent tout épouvantés dans la forêt. Alors les quatre compagnons s’assirent à table, s’arrangèrent de ce qui restait, et mangèrent comme s’ils avaient dû jeûner un mois.

Quand les quatre instrumentistes eurent fini, ils éteignirent les lumières et cherchèrent un gîte pour se reposer, chacun selon sa nature et sa commodité. L’âne se coucha sur le fumier, le chien derrière la porte, le chat dans le foyer près de la cendre chaude, le coq sur une solive ; et, comme ils étaient fatigués de leur longue marche, ils ne tardèrent pas à s’endormir. Après minuit, quand les voleurs aperçurent de loin qu’il n’y avait plus de clarté dans leur maison et que tout y paraissait tranquille, le capitaine dit : « Nous n’aurions pas dû pourtant nous laisser ainsi mettre en déroute ; » et il ordonna à un de ses gens d’aller reconnaître ce qui se passait dans la maison. Celui qu’il envoyait trouva tout en repos ; il entra dans la cuisine et voulut allumer de la lumière ; il prit donc une allumette, et comme les yeux brillants et enflammés du chat lui paraissaient deux charbons ardents, il en approcha l’allumette pour qu’elle prît feu. Mais le chat n’entendait pas raillerie ; il lui sauta au visage et l’égratigna en jurant. Saisi d’une horrible peur, l’homme courut vers la porte pour s’enfuir ; mais le chien, qui était couché tout auprès, s’élança sur lui et le mordit à la jambe ; comme il passait dans la cour à côté du fumier, l’âne lui détacha une ruade violente avec ses pieds de derrière, tandis que le coq, réveillé par le bruit et déjà tout alerte, criait du haut de sa solive : Kikeriki !

Le voleur courut à toutes jambes vers son capitaine et dit : a II y a dans notre maison une affreuse sorcière qui a soufflé sur moi et m’a égratigné la figure avec ses longs doigts ; devant la porte est un homme armé d’un couteau, dont il m’a piqué la jambe ; dans la cour se tient un monstre noir, qui m’a assommé d’un coup de massue, et au haut du toit est posé le juge qui criait : « Amenez devant moi ce pendard. » Aussi me suis-je mis en devoir de m’esquiver. »

Depuis lors, les brigands n’osèrent plus s’aventurer dans la maison, et les quatre musiciens de Brème s’y trouvèrent si bien, qu’ils n’en voulurent plus sortir.

@Lefoyenlibre : @brettezeleliquide, Le véto de Sauveterre de Guyenne en a fait son enseigne… En miniature.

@brettezeleliquide : @Lefoyenlibre, de nombreux artistes ont également été inspirés par cette fable des musiciens de Brême

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on allait au bord de la mer rouge avec mon père ma soeur ma mère

on allait au bord de la mer rouge avec mon père ma soeur ma mère

Michel Jonasz / (Exode 14:15-31) / Île d’Hormoz en Iran. La pluie se mélange à l’oxyde de fer présent dans le sol et les eaux de ruissellement colorent la mer d’un rouge vif.

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la belle histoire du Noël de Soissons

le fameux vase laqué rouge de Clovis avant sa restitution à l'évêque

la belle histoire du Noël de Soissons

Carlo Scarpa, Rare Laccato Vase, c. 1940

tags : vase de, partage du butin, laqué de l’impérialisme

alt : le fameux vase laqué rouge de Clovis avant sa restitution à l’évêque

Carlo Scarpa, né le 2 juin 1906 à Venise et mort le 28 novembre 1978 à Sendai, est un architecte et designer italien

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devine qui vient dîner ce soir

dans son camion, le Père Noël négligé avec son chien, sa gamelle de spaghettis et sa bouteille d'alcool

devine qui vient dîner ce soir

Photo © Dan Hayon

alt : dans son camion, le Père Noël négligé avec son chien, sa gamelle de spaghettis et sa bouteille d’alcool

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Le chat de Noël maléfique (Jólakötturinn en islandais) est l’animal de compagnie de la sorcière Grýla

un gigantesque chat noir aux yeux jaunes vides domine un hameau de montagne sous la neige

Le chat de Noël maléfique (Jólakötturinn en islandais) est l’animal de compagnie de la sorcière Grýla. Il est utilisé pour menacer les enfants désobéissants, car il adore les manger. Les fils de Grýla sont les Jólasveinar, les treize Pères Noël islandais, des nains qui, à l’origine, n’apportaient pas de cadeaux, mais volaient ou faisaient des farces. Ils sont en mouvement entre le 12 décembre et le 6 janvier.

Le jour du Jólakötturinn est le 24 décembre. C’est ce jour-là que le chat de Noël affamé rôde pour voler et manger les enfants désobéissants et paresseux. Seuls ceux qui portent des vêtements neufs, et surtout des chaussettes neuves, la veille de Noël sont épargnés.

Les vêtements neufs étaient le signe que quelqu’un n’avait pas été paresseux, mais avait filé toute la laine des moutons avant l’hiver et en avait fait des vêtements. C’était important pour survivre aux hivers rigoureux de cette île inhospitalière. L’histoire du Jólakötturinn devrait donc être… « Interprété comme une invitation à la diligence et à se préparer à l’hiver à temps. » (Article paru dans @viewsaddict)

alt : un gigantesque félin noir aux yeux jaunes vides domine un hameau de montagne sous la neige

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et puis nous étions tombés sur un barrage

une femme en noir, pieds nus, allongée sur un chemin de terre bordé de haies traversant une forêt de résineux

et puis nous étions tombés sur un barrage

Gunārs Binde. The flight 21. 1992

alt : une femme en noir, pieds nus, allongée sur un chemin de terre bordé de haies traversant une forêt de résineux

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de l'autre côté du mouroir les belles histoires de tonton yves

Noël / calendrier de l’avent : merci de ne pas spoiler la vie de Jésus

les stigmates sur le corps du Christ (détail)

Noël / calendrier de l’avent : merci de ne pas spoiler la vie de Jésus

Man of Sorrows (c. 1460) by Simon Marmion

tag : divulgâcher

alt : les stigmates sur le corps du Christ (détail)

L’Homme de douleurs est une représentation de l’iconographie chrétienne du Christ entre sa mort et sa Résurrection. L’expression vient d’un verset des Cantiques du Serviteur dans le Livre d’Isaïe : « Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance… ». Le mot « douleurs » est toujours au pluriel : אִישׁ מַכְאֹבוֹת (ish makh’ovot) dans la Bible hébraïque et vir dolorum dans la Vulgate. https://fr.wikipedia.org/

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les belles histoires de tonton yves psychologie (en partenariat avec spychologie magasine) saoul-titre à 12° (vf)

le petit chaperon rouge : mère Noël comme vous avez de grandes prunelles

le petit chaperon rouge : mère Noël comme vous avez de grandes prunelles

Ron Mueck, Standing Woman, 2008 / Charles Perrault / les frères Grimm

tags : Gargantuella (François Rabelais)

alt : une femme tourne autour de la sculpture hyperréaliste d’une géante monumentale dont le regard la fixe

Ron Mueck, né le 9 mai 1958 à Melbourne, est un sculpteur australien hyperréaliste travaillant en Grande-Bretagne. Ses sculptures monumentales reproduisent le corps humain dans ses plus minutieux détails grâce au silicone, à la résine polyester et à la peinture à l’huile (Wikipédia)